Cycle Cinéma roumain : un vrai miracle

(Lucian Pintilie : La reconstitution)

Les fans de foot salivent quand on parle du Brésil, les cinéphiles eux préfèrent... la Roumanie. Les grands festivals se battent pour les films saisissants de Cristi Puiu, Corneliu Porumboiu ou Cristian Mungiu. Au siècle dernier, il fallait être du pays pour réussir à citer cinq cinéastes roumains. Et encore... Dominique Nasta, professeur à l’ULB, met un terme à cette ignorance dans un ouvrage de référence au titre éloquent.

Contemporary Romanian Cinema: The History of an Unexpected Miracle est un des premiers ouvrages de référence sur le cinéma roumain. Son auteur, Dominique Nasta, le présentera le 4 mai à Bozar lors du Roumanian Film Day aux côtés de réalisateurs, critiques et acteurs roumains. Et durant le mois qui précède, la Cinematek présente des films clés de l’histoire du cinéma roumain. 

Quel film roumain d’avant la Seconde Guerre mondiale peut surprendre les cinéphiles ?
Dominique Nasta : C’est problématique. Le théâtre, la littérature et la peinture ont évolué normalement, mais le cinéma est resté en arrière. Contrairement à la Russie, la Roumanie n’avait aucune structure cinématographique, aucun système de production. Il a fallu attendre 1939 pour avoir le premier organisme d’État. Et ce sont alors surtout des films de propagande nationaliste du régime d’extrême droite qui sont sortis. Des films « libres » comme Une nuit orageuse de Jean Georgescu, l’adaptation d’une comédie populaire, étaient minoritaires. En plus, très peu de films muets avaient été conservés. L’exception, le film de référence, c’est La Guerre d’Indépendance de 1913. Nous concluons la rétrospective avec cette hommage épique à l’armée qui, en 1877, a libéré la Roumanie de trois siècles d’occupation ottomane. Il y a des passages qui font penser à The Birth of a Nation de David Griffith. Le fait est que nous avons eu à partir de 1909 une excellente politique d’importation. Les grands films d’Hollywood, de France, d’Italie et d’Allemagne étaient projetés. Le public était cinéphile. 

Qui peut faire figure de père fondateur du cinéma roumain ?
Nasta : Victor Iliu, formé à Moscou par les vétérans de l’avant-garde russe. Il est au cinéma roumain ce que Jean Renoir était à la Nouvelle Vague. C’est sur ses tournages que la génération suivante a appris la réalisation. On pourra voir son Moulin de la chance, adapté d’un roman naturaliste. Les adaptations de romans et de pièces du patrimoine roumain étaient le plus en vogue. La première reconnaissance internationale arrive en 1965, quand Liviu Ciulei décroche le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes avec le magnifique et novateur La Forêt des pendus. Encore une adaptation d’un roman naturaliste sur la Première Guerre mondiale. Ciulei n’a hélas fait que trois ou quatre films. Il ne supportait pas que la censure lui dicte ce qu’il devait filmer et est revenu au théâtre. Seul Lucian Pintilie a signé des films modernistes de la Nouvelle Vague. Il a réalisé l’unique film libre : La reconstitution, en 1969, qui a évidemment tout de suite été interdit. Ce n’est qu’après la révolution de 1989 qu’il a pu être projeté.

Votre ouvrage s’intitule The History of an Unexpected Miracle. Le basculement vers le succès international était-il si inattendu ?
Nasta : Quand même. Ce Nouveau Cinéma Roumain qui commence en 2006 constitue une des principales lames de fond du cinéma européen et même mondial. Personne ne pouvait la prévoir. Il n’y avait aucune structure, pas de grands prédécesseurs. Le fait que différents réalisateurs roumains aient fait impression et gagné des prix dans de grands festivals va contre toutes les attentes. Avant, il n’y avait rien. Cristi Puiu, Corneliu Porumboiu et Cristian Mungiu n’avaient qu’un seul exemple de film roumain novateur et révolutionnaire : La reconstituion de Pintilie.

CYCLE CINÉMA ROUMAIN • > 30/4, Cinematek, rue Baron Hortastraat 9, Brussel/Bruxelles, 02-551.19.19, www.cinematek.be
ROUMANIAN FILM DAY • 4/5, Bozar, rue Ravensteinstraat 23, Brussel/Bruxelles, 02-507.82.00, www.bozar.be

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