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30 ans après sa malheureuse tentative de réparer une lampe dans sa salle de bain, Claude François est encore bien vivant dans les mémoires. En dehors de la scène, l’icône de la variété française pouvait être vraiment odieux. «Un vrai personnage de cinéma», lâche Jérémie Renier en souriant. Le comédien bruxellois est ce que ce biopic très ambitieux mais un peu trop lisse a de mieux à offrir.

On dirait presque un candidat aux présidentielles tant on voit d’affiches de Jérémie Renier ces jours-ci. C’est lié au fait qu’il apparaît dans deux films à une semaine d’intervalle. Les affiches où Renier a l’air morose font la promo de Possessions, un drame social sur le fossé et l’incompréhension entre riches et pauvres, réunis dans leur besoin de toujours avoir plus. Les autres vantent Cloclo, le film sur la vie de Claude François. Cette bête de scène obsédée par la perfection s’est hissée au sommet de la chanson populaire dans les années 60 et 70. Cloclo a vendu presque 70 millions d’albums. Beaucoup de ses tubes étaient des adaptations en français de succès anglo-saxons, mais avec Comme d’habitude, il a lui-même écrit un hit mondial. Frank Sinatra en a livré sa propre version : My Way.

J. Edgar, The Iron Lady, Mesrine, My Week with Marilyn, Lincoln: pourquoi les biopics sont-ils tellement à la mode?
Jérémie Renier: Je pense que les gens se sont toujours intéressés à l’histoire et à la vie des personnalités publiques. Il y a là un côté voyeuriste : nous voulons découvrir la personne qui se cache derrière le mythe. Il y aura donc toujours des biopics.
Saviez-vous que vous ressemblez physiquement au jeune Claude François?
Renier: Je l’ai appris il y a quelques années par un réalisateur qui voulait travailler avec moi pour un film sur Claude François, qui n’a jamais été tourné. Comment pouvais-je le savoir ? Je le connaissais à peine ! Quand je prends une photo, je vois seulement quelques petites ressemblances. Dans le film, je lui ressemble beaucoup, mais c’est le résultat de tout un travail.
Il ne suffit pas d’avoir le look de Cloclo, il faut aussi savoir l’incarner.
Renier: Il vaut quand même mieux lui ressembler un peu. Un métis avec des cheveux noirs et des yeux foncés part quand même avec un désavantage (rires). Mais on ne peut pas construire une interprétation sur une ressemblance.

Qu’est-ce qui était le plus difficile: chanter comme Cloclo? danser, bouger, parler comme lui?
Renier: Avec un bon entraînement, on peut parler ou danser comme Claude François. Ce qui est surtout difficile, c’est de faire attention à tout en même temps : la voix, le corps, les pas de danse... Tout doit être juste, tout le temps. Pour que le personnage soit bien ancré en moi, il a fallu une longue et minutieuse préparation et l’aide de différents coachs. J’ai dû apprendre à chanter et à danser.
Est-ce que Claude François n’était pas parfois une caricature de lui-même?
Renier: Étant donné que c’était une personnalité particulièrement haute en couleur, le risque était grand de tomber dans la caricature. Je voulais éviter ça. C’est pour cela que j’ai demandé un coach qui m’observe indépendamment du réalisateur Florent Emilio Siri pendant le tournage et qui contribue à veiller à l’équilibre. Claude François était effectivement souvent too much. Il fallait donc être attentif à ne pas en remettre une couche. En plus, Claude François a vraiment vécu et on ne pouvait quand même pas trop s’éloigner de la réalité.
Quelle part de vous y a-t-il dans le personnage?
Renier: Il y avait vraiment beaucoup de matériel disponible : des milliers de photos, des centaines d’interviews, des livres, des documentaires. Ça nourrit au départ le fantasme de devenir complètement Claude François. Mais d’une part, c’est impossible et en plus, ce n’est pas non plus souhaitable si on veut émouvoir le spectateur. Le personnage est donc un mélange de Claude François et de moi.
Et inversement: est-ce qu’il y a encore un petit peu de Cloclo en vous? Ça peut être pratique en soirée…
Renier: Malheureusement, on désapprend vite à danser comme ça. Si on ne l’entretient pas, on le perd. En plus, je ne suis pas un danseur-né. Il ne faut pas sous-estimer ce type de danse. Claude François dansait comme un athlète. Il perdait plusieurs kilos pendant ses prestations. Cette énergie phénoménale ne vient pas de nulle part. Cet homme était entraîné. Aujourd’hui je ne suis déjà plus capable de faire ce que je fais dans le film. Ça me manque un peu. S’épuiser dans la danse a un côté addictif. Ça donne tellement d’énergie.
Avant d’être connu, il a fait modifier son nez «parce que chaque détail compte si on veut devenir une star». Vous comprenez ce désir intense de devenir célèbre?
Renier: Non. Devenir une star n’est pas un but pour moi. Claude François faisait tout pour devenir numéro 1 et le rester. Il a quand même acheté un mensuel où il se mettait lui-même tout le temps en couverture ! Il était frustré dès que quelqu’un se trouvait un peu plus sous les projecteurs. Je ne connais pas cette forme extrême de jalousie. Je suis déjà bien content si je peux jouer dans des films qui me semblent importants et si je peux choisir dans un large éventail de propositions. Si ensuite les films ont du succès, c’est seulement un plus.
Ne me dites pas que vous ne sentez pas de pression. Cloclo doit marcher. Ce film peut faire grimper fameusement votre popularité.
Renier: Je ne sais pas s’il y aura dans ma carrière un avant et un après Cloclo. Pour moi, sur le plan personnel, c’était un projet important sur lequel j’ai travaillé longtemps et de manière très intense. Je suis fier du résultat. Mais je ne peux pas le nier : Cloclo est un film cher, il doit rapporter. Siri a voulu faire un film que le plus de gens possible iraient voir sans que cela ne devienne une gentille apologie. On montre aussi ses côtés sombres.
Son obsession de la précision, son ego plus grand que celui de Sarkozy, sa jalousie maladive et son peu de respect pour les femmes. Je ne savais pas que Claude François était un type si désagréable.
Renier: Avant ce film, j’en avais une image fausse. Le scénario m’a ouvert les yeux. Je n’avais aucune notion de son histoire personnelle, de son parcours artistique et donc aucune non plus de ses côtés sombres : le manipulateur excentrique etc. Il y a un gouffre entre l’image que les gens ont de lui et ce qu’il était en réalité. Il y a derrière le personnage lisse une personnalité complexe, un vrai musicien avec une vie intense, mouvementée. Il y a des événements et des excès que je comprends, d’autres non. Il pouvait être un vrai tyran. C’est justement ce qui fait de Claude François un personnage intéressant pour le cinéma. Sans ces aspects plus sombres, je n’aurais jamais commencé ce film.
Vous exagérez ou vous atténuez ces côtés sombres?
Renier: J’ai peur que parfois, la réalité ait été encore pire que ce que nous montrons.

Cloclo ••
FR, 2012, dir.: Florent-Emilio Siri, act.: Jérémie Renier, Benoît Magimel, 148 min.

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