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Mia Lena : ‘J’adore la toxicité !’

24 ans à peine et elle est déjà de retour. Il s’agit probablement d’une première pour cette rubrique, mais les tentatives de l’artiste électropop bruxelloise Mia Lena d’imaginer sa génération tout en se réinventant méritent aussi votre attention.

On nous avait prévenus : elle ventile librement son opinion et surtout elle regorge d’énergie. « J’ai toujours été hyperactive », dit en riant Marie Benmokaddem, qui, sous le pseudo Mia Lena – contraction de ses prénoms Marie et Magdalena – est récemment arrivée en demi-fi nale du concours Humo’s Rock Rally. « Quand je ne fais rien, je ne me sens pas bien. Je suis donc toujours occupée, qu’il s’agisse de musique, de travail (à la pâtisserie Ginkgo) ou avec mes amis. » Après notre interview, elle se rendra à Magma-Collective, bureau de gestion où elle suit actuellement un stage, dernier spasme de sa formation en Relations Publiques à l’IHECS. « Comme je suis très honnête, on me trouve parfois un peu brutale, dans mes textes mais aussi dans mes rapports. Je dis ce que je pense et comment je me sens. Je dois encore apprendre à mieux canaliser cela, mais d’un autre côté, cette hyper sincérité et cette transparence caractérisent aussi vraiment ma génération. »

Elle revient après une mauvaise expérience avec l’équipe qui l’accompagnait à ses débuts, il y a huit ans. « J’étais trop jeune, j’avais 16 ans quand je suis entrée dans le monde de la musique. Je ne savais pas où je voulais aller, mais j’étais impatiente et dans ma naïveté, je me suis laissée emporter. D’autres personnes prenaient les décisions pour moi, jusqu’à ce que je décide d’arrêter. » Cette période l’a rendue plus sûre d’elle, dit-elle maintenant. Récemment, après une série de singles électro-pop au son moderne et en anglais, elle a aussi commencé à composer en français. « En anglais, je décris davantage mes sentiments, mais je copie aussi plus facilement des exemples anglo-saxons. Les textes écrits dans ma langue maternelle sont plus concrets, plus directs, plus authentiques. » Lors de ses futurs concerts à Bruxelles, Mia Lena mixera les deux.

UNE GÉNÉRATION QUI COCHE DES CASES

Après avoir débuté le piano à six ans, elle s’est éprise du chant, sous l’infl uence de la série TV One Three Hill et de vocalistes R&B comme Alicia Keys. Elle chante souvent des textes sur ses premiers amours et des découvertes, notées dans son petit carnet. Maintenant qu’elle réutilise sa langue maternelle, elle retourne plus souvent au piano, mais elle n’a clairement pas fini de faire des expériences. « On me dit parfois qu’avec ma belle voix, je n’ai pas besoin de textures électroniques saturées d’effets autotune, mais je m’en contrefiche. » Elle a aussi une prédilection pour les textes qui analysent les relations toxiques – « J’adore la toxicité ! » - et s’inscrit ainsi dans sa génération. « C’est une époque étrange. On attend de notre génération qu’elle soit toujours disponible. Plus que nos prédécesseurs, nous sommes conscients des opportunités qui nous attendent et de tout ce qu’on rate potentiellement. En fait, je chante les frustrations que crée la pression de la compétition, alors que je suis contente quand je peux cocher une case sur ma liste. » Lors de son concert au VK, ou à la sortie de son EP en automne, elle pourra cocher une case.

MIA LENA

25/5, 17.00, Charmilla Chaud 3, Vaartkapoen, www.vaartkapoen.be

30/5, 20.00, Le Kiosque, Bois de la Cambre, www.lekiosque.eu

2/6, 20.00, , Chez Lutgarde, www.lutgarde.eu

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