'Horses': une utopie dansée

© Kurt Vander Elst

Qu'avons-nous besoin pour être heureux et libres dans nos corps ? La confiance, répondent les chorégraphes Joke Laureyns et Kwint Manshoven. Dans leur utopie dansée Horses, ils rassemblent enfants et adultes sur un même plateau.

Entre le cavalier et sa monture, il y a des moments de symbiose physique et émotionnelle qui dépassent la raison. Ce sont ces moments que caresse et bouscule le spectacle Horses. Sur la scène, cinq jeunes enfants et cinq adultes dansent en harmonie, partageant la même énergie et la même confiance de l'autre dans les tâtonnements et dans la joie de porter et d'être porté. Créé en 2016 par Joke Laureyns et Kwint Manshoven, Horses n'a pas fini de galoper.

Comment est né ce spectacle ?
JOKE LAUREYNS: Depuis toujours nous avons fait travailler ensemble des adultes et des jeunes enfants. Au-delà des différences de génération, de poids et de force, on a senti un sentiment de confiance corporelle se dégager entre les danseurs. Avec Horses, j'ai voulu créer un spectacle qui explore les relations entre deux corps qui se donnent avec une confiance et une liberté totale. Les enfants, pour la plupart originaires de Gand, ne parlent pas toujours la langue des danseurs adultes. Ils n'ont que leur corps pour communiquer et exprimer leurs émotions. J'ai voulu voir jusqu'où on pouvait aller dans cette direction.

C'est aussi : comment dépasser la vulnérabilité pour construire la confiance ?
LAUREYNS: Après Rauw, qui était assez sombre, j'avais envie de quelque chose de plus léger. Horses est un spectacle qui rend le public heureux. La danse y est réduite à une suite de gestes qui expriment cette confiance, sans être alourdi par une structure narrative. Je le vois aussi comme une utopie où l'on rêve d'une autre manière de vivre ensemble.

Et d'une autre manière de bouger ?
LAUREYNS: Cet équilibre de la confiance que nous cherchons, les corps le connaissent naturellement. Le défi, c'est de le retrouver. Pour les enfants c'est assez naturel. Les danseurs adultes doivent trouver un équilibre honnête qui tient compte de la différence de poids et de force.

Vous avez une étiquette "jeune public", ne devrait-on pas plutôt dire "tous publics" ?
LAUREYNS: Effectivement. C'est un spectacle très accessible qui parle facilement au public. Sans rien changer au spectacle, nous avons joué devant des publics très différents, adultes comme jeune public, en Europe mais aussi à Tunis ou à Bangkok. Dans certains coins du monde, la liberté corporelle que nous développons sur le plateau, notamment quand un adulte danse avec une jeune fille, aurait pu heurter certains tabous. Partout, les gens l'ont acceptée de la même façon et on constate que ça les a rendus heureux.

L'énergie que dégage Horses vient aussi de la musique qui est jouée live ?
LAUREYNS: Thomas Devos et Bertel Schollaert, les deux musiciens nous aident beaucoup. Ils ont vécu avec les danseurs tout le processus depuis le début. Ils ont improvisé de la musique et ils ont aussi participé aux impros physiques pour sentir de l'intérieur ce dont le spectacle a besoin.

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