Reality Bites 6: La danse pour dire les violences policières

© Sophie Soukias « Il faut aussi penser à la santé mentale de la population et le hip-hop, pour ça, est très puissant, » dit Mouss Sarr, cofondateur de la plateforme Timiss.

La réalité nous échappe et puis elle revient et nous mord. Les artistes répondent par leur imaginaire. Dans le projet Bx-Flow, lancé par Mouss Sarr et sa plateforme Timiss, c'est la réalité des violences policières qui a inspiré une vingtaine de jeunes à exprimer leur révolte et leurs doutes à travers la danse et les mots.

Pendant le confinement, la télé et les réseaux sociaux étaient des fenêtres ouvertes sur le monde. Aux États-Unis et ensuite partout dans le monde, les rues vibraient des foules qui protestaient contre les discriminations raciales et les violences policières. À Bruxelles, Timiss, une plateforme dédiée à la street culture réunissait une vingtaine de jeunes pour préparer Bx-Flow, un spectacle sur les violences policières en réponse à la thématique Aux Loups ! lancé pour la Zinneke 2020.

"Ça a pas mal changé notre projet. Au début, on était dans une approche plus générale. Tout à coup, ça devenait concret. Les jeunes prenaient conscience d'une réalité qu'ils avaient tendance à éviter. L'objectif était de les laisser parler et raconter comment ils pouvaient être affectés par ce qui se passe. Certains sont en révolte, parce qu'un de leurs proches a été directement victime de violences, d'autres ne savaient pas quoi faire, mais voulaient prendre position," explique Mouss Sarr, un des coordinateurs de la plateforme. Les jeunes venus de Bruxelles mais aussi de Flandre et de Wallonie étaient coachés par Mouss et par la chorégraphe Justine Theizen.

LOUP GAROU
"On les a accompagnés de A à Z. La plupart étaient des amateurs qui ne s'étaient jamais exprimés dans un contexte plus professionnel. Je m'attendais à ce que ce soit plus difficile que ça, mais une fois qu'ils sont entrés dans la bulle créative, plein de choses se sont mises en place d'elles-mêmes. Souvent, c'étaient les gens les plus timides et les plus discrets qui sortaient les meilleures choses." On en a par exemple un qui parle de sa place dans la société en faisant des comparaisons avec les jeux de société Monopoly et Loup Garou. Une autre a écrit un texte très fort sur la beauté noire.

Une autre surprise fut de voir les filles représenter plus de la moitié des interprètes et ce sont essentiellement des Krumpeuses. "Je ne m'explique pas vraiment pourquoi il y a eu plus de filles intéressées par le projet et pourquoi elles ont choisi le Krump pour s'exprimer. Sans doute est-ce lié à l'incroyable notoriété de Hendrickx et des nombreuses filles qu'elle a formées."

Le spectacle aurait dû être présenté le 24 octobre, mais dans les conditions sanitaires actuelles, c'est devenu totalement impossible. Mouss Sarr se donne quelques jours de réflexion. "Plein de choses ont changé, il va falloir trouver des alternatives. Pas un plan B, mais un plan Y ou Z. Bien sûr, on aimerait présenter Bx-Flow dans le courant du mois de novembre, mais tout est encore dans le flou. On pourrait par exemple découper le spectacle en capsules vidéo qu'on diffuserait sur les réseaux sociaux. C'est important de se soucier de la santé physique de la population, mais il faut aussi penser à la santé mentale et le hip-hop, pour ça, est très puissant."

BX-FLOW II
Instagram: timiss.be & www.zinneke.org

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