Expo 'Instantanés d'Orient' à la Villa Empain: contraints mais créateurs

Moath Alofi: The Last Tashahhud-II.
Onze score

L’automne dernier, Paris se transformait pour la deuxième fois en plateforme de la photographie contemporaine du monde arabe. Réparti entre l’Institut du Monde arabe, La Maison européenne de la photographie et d’autres espaces de culture, cet événement unique révélait à nouveau les pays du Maghreb et du Moyen-Orient comme un nid bouillonnant de talents.

La Villa Empain offre un savoureux « aprèsgoût » de la Biennale avec Instantanés d’Orient, une exposition réunissant six des artistes (originaires d’un pays arabe ou travaillant sur cette région du monde) présents à Paris. Un échantillon certes restreint mais pas moins représentatif qui donne le ton et l’eau à la bouche.

Aux lendemains douloureux, parfois carrément tragiques, de révolutions avortées ou confisquées, la génération « des Printemps » ne se contente pas d’intégrer les codes de la photographie contemporaine mais en enrichit merveilleusement le vocabulaire, y ajoutant un lexique ancré dans des identités et des réalités propres.

Malgré les douleurs, les interdictions et l’insuffisance de soutien politique, la scène contemporaine arabe est en ébullition, mue par le besoin, vital, de s’exprimer. De parler pour elle-même.

« Mon corps est emprisonné, contraint mais créateur »

C’est bien ce que raconte la photographe tunisienne Mouna Karray dans sa série monochrome Noir. Le corps entièrement enveloppé d’un tissu blanc, seule sa main dépasse pour enclencher la prise de vue à distance. « Mon corps est emprisonné, contraint mais créateur, » explique-t-elle.

C’est dans l’acte photographique que réside son salut. Tunisien également, Douraïd Souissi photographie des quidams noyés dans un imposant arrière-fond noir et tournant le dos au spectateur. C’est, en fait, les médias et la scène politique qu’ils boudent.

La photographe libano-américaine Rania Matar fait poser librement des jeunes filles de Beyrouth dans leur environnement, à des âges différents. Une réflexion sur le rapport au corps, l’identité, la féminité, la représentation de soi, la sexualité, et bien plus encore.

Quant à Jaber Al Azmeh , il se perd dans le désert syrien afin de saisir, dans un style minimaliste, les altérations sensibles mais non pas moins significatives que la guerre, les migrations, la sécurité et le consumérisme ont apporté au paysage.

Mosquées abandonnées

Le Saoudien Moath Alofi immortalise les mosquées abandonnées découvertes sur la route de Médine. Perdues au milieu du désert, inondées par le soleil, elles font penser à des mini bases lunaires et nous en disent autant sur le passé de l’Arabie que sur notre futur à tous.

L’Allemand Stephan Zaubitzer a parcouru le monde à la recherche des salles de cinémas les plus kitsches et nostalgiques. Au Liban, il photographie des salles abandonnées, ajoutant un niveau de lecture en résonance avec la sombre réalité des alentours. 

> Instantanés d'Orient. > 11/2, Villa Empain, Bruxelles-Ville

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