interview

Florian Kiniques sur son atelier

© Ivan Put

Les œuvres entretiennent-elles un rapport intime avec ce lieu particulier que l'on appelle "atelier"? À cette question, la découverte du lieu de production et de gestation de Florian Kiniques invite à répondre par l'affirmative, sans la moindre réserve.

Sa localisation est totalement inattendue, il s'agit d'une ancienne cellule monastique située dans ce qui était autrefois un couvent. L'endroit ne fait place à aucune fioriture. "Avant je travaillais dans un atelier de 80 mètres carrés, c'était beaucoup trop grand. Il me fallait un espace ayant la dimension d'une chambre afin de ne pas me disperser".

Deux bureaux, quelques étagères, des livres - le Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure, la Galaxie Gutenberg de Marshall McLuhan, Les mots dans la peinture de Michel Butor… -, une fenêtre qui projette un peu de jour, une petite à la dérobée qui ouvre sur un évier… Bref, un endroit qui évacue le superflu. Il n'est pas surprenant que Kiniques (1988, Namur) se soit installé dans un ancien lieu de retraite, lui qui pointe le recul, la pudeur, la lenteur et la distance comme moteurs de son travail.

Sans oublier, ce goût pour le non-dévoilement qui pourrait s'apparenter à une théologie négative: dans son œuvre, il se plaît à préserver l'absence, à la manière d'un deus absconditus. Le désir premier de Florian Kiniques était la peinture. Trois années aux Beaux-arts de Bruxelles ne lui ont pas fourni la "liberté" qu'il cherchait. Il se frotte alors à la section "Art dans l'Espace Public" dont les contours lui permettent d'expérimenter davantage en abordant d'autres médias. Il délaisse alors ses pinceaux pour un carnet de notes, où il consigne des fragments de textes.

Une conversion s'opère, les mots deviennent la matière même de son travail. Kiniques joue avec le langage mais également avec les transcriptions formelles d'un lexique qu'il glane au fil de ses rencontres. À cela s'ajoute une pratique photographique au cœur de laquelle il place souvent la diapositive. Ses murs témoignent de cette approche.

Ainsi d'une image très emblématique dont la moitié est dérobée au regard du spectateur en raison de la présence de petites languettes de papier figurant des mots. "La photographie que j'ai prise moi-même représente un thème qui me tient à cœur, celui de la restauration. On y voit une personne en train de travailler sur L'Agneau mystique des frères van Eyck. J'ai glissé à l'intérieur du cadre des mots dactylographiés et découpés à la main dont le champ sémantique découle directement de cette démarche de préservation. Là aussi, c'est moi qui établis ces listes et les tape à la machine".

C'est avec beaucoup de délicatesse que Florian Kiniques redistribue le vide entre les mots, les choses et les êtres.

EXPOSITION

L’exposition Out of office trouve son point de départ dans une carte postale représentant L’Attente, une sculpture, datée de 1860 et signée par Jacques De Braekeleer. Attiré par la mention « Musée de Bruxelles », Florian Kiniques s’est is en tête de retrouver ce groupe de marbre et de le déplacer vers ETE 78. Les différents travaux présentés restituent la difficulté de cette démarche et les rencontres qu’elle a occasionnées.

> Out of Office. 12/01 > 21/01, Ete 78, Ixelles
 

Wunderkammer

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