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'Doubles vies': le vent du changement

Onze score

Doubles Vies est plus qu’un film bavard léger, plein d’intellectuels bourgeois éloquents et adultères, qui donnent leur avis sur des thèmes importants.

Nous sommes dans des temps nouveaux, et d'autres temps sont à venir. Le réalisateur français Olivier Assayas (Personal Shopper, Demonlover) aime se pencher dans ses films sur cette question. Doubles Vies parle de la place du livre, de l'écrivain et de la maison d'édition classique à l'ère du numérique qui va toujours plus vite.

Le sujet est repris dans les conversations de cinq personnages. Ils ont en commun d'être des bourgeois français qui aiment discuter avec éloquence et être infidèles, mais cela laisse assez de place à des personnages et des personnalités très différents. Leurs points de vue divergents et leurs visions du monde ancrées ou fluctuantes enrichissent le film.

Frontière entre le bavardage et les blablas

Le patron d’une maison d’édition prestigieuse (Guillaume Canet) ne veut pas commettre l’erreur professionnelle de passer à côté de la numérisation et de la communication des nouveaux médias. Il emploie une charmante jeune femme de la génération Y (Christa Théret) qui le familiarise, post-coïtum ou non, avec les nouveaux termes et concepts.

Son épouse, actrice dans une série policière populaire (merveilleusement interprétée par Juliette Binoche), s’en tient au livre analogique. Elle a une liaison avec l’écrivain (Vincent Macaigne) qui vient de se faire mettre hors-circuit par son mari et qui s’enorgueillit de son analphabétisme numérique et met ses ex en scène dans de l’autofiction. Sa partenaire (Nora Hamzawi) est débordée de son côté en tant que stratège d’un politicien de gauche.

Tantôt, ils parlent à tort et à travers (le tweet est le haïku du XXIe siècle), tantôt ils tiennent des propos très perspicaces. Assayas prend les réflexions et le thème au sérieux, mais sait aérer l’enchaînement des scènes de conversation avec des péripéties dignes d’un feuilleton. Le casting se délecte de la duplicité, de la comédie et de l’abondance des mots. La frontière entre le bavardage et les blablas semble parfois ténue, mais la tolérance porte ses fruits.

La réflexion intellectuelle n'est qu'un aspect de Doubles Vies. En fin de compte, ce rusé renard d’Assayas raconte comment l’homme ou le Français ressent le vent du changement. Cela ne le laisse pas indifférent et cela ne nous laisse pas indifférent.

Bekijk hier de trailer voor Doubles Vies

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