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'If Beale Street Could Talk': une atmosphère de mélancolie et de tristesse

Onze score

Deux ans après le triomphe chaotique et hi-la-la-larant de Moonlight aux Oscars, Barry Jenkins se surpasse avec le long-métrage beau et fort If Beale Street Could Talk.

Tous les fans de quizz savent que Moonlight a remporté l’Oscar du meilleur film il y a deux ans, après que La La Land a d’abord été déclaré vainqueur par erreur. Tous les cinéphiles savent que ce joyau beau comme le clair de lune n’a pas volé cette victoire. Mais quelle suite donner à un tel succès ?

Le réalisateur et scénariste Barry Jenkins n’est pas resté paralysé par les attentes énormes et a fait un film encore plus beau. If Beale Street Could Talk est une adaptation du roman éponyme de James Baldwin, écrivain-poète-orateur engagé et très doué qui, trente ans après sa mort, est à juste titre de retour sur le devant de la scène.

L’amour entre deux âmes sœurs

Dans le Harlem des années septante, deux jeunes amis d’enfance découvrent à quel point l’amour peut être intense. Mais c’est un amour impossible. Fonny (Stephan James) est accusé de viol et se retrouve derrière les barreaux. Tish (KiKi Layne) s’avère être enceinte, mais cela ne l’empêche pas de faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que son bien-aimé soit condamné. Étant donné son innocence, cela devrait être un jeu d’enfant, mais étant donné la couleur de sa peau et le racisme révoltant, ordinaire et structurel, c'est un combat de titans.

Barry Jenkins souligne l’inégalité cruelle et toujours actuelle qui détruit des vies, plutôt qu’il ne la dénonce et ne se laisse pas aveugler par la colère et l’indignation. Car il n’y a pas que cela. Il y a aussi l’amour et la résilience. L’amour entre deux âmes sœurs mais aussi celui des familles qui se liguent dans les moments difficiles. Jenkins célèbre la force de cet amour avec tout ce qu’il a en lui.

Sans négliger les belles phrases de Baldwin, il transforme le livre en un film voluptueux au romantisme osé, dans une atmosphère de mélancolie et de tristesse. Les temps s’entremêlent, la précipitation est taboue et les acteurs peu connus sont tous convaincants. Il recherche toujours et partout la beauté : dans le décor, la photographie, la symbiose entre l’image et la magnifique bande originale du compositeur Nicholas Britell. L’œil, le cœur, le cerveau : If Beale Street Could Talk fait appel à tout ça à la fois.

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