The Blaze: L'electro fait son cinéma

© Paul Rousteau

Cousins dans la vie, The Blaze sur scène, Jonathan et Guillaume Alric jonglent avec les codes du cinéma et de la musique électronique sur un premier album sans bavure.

« J'ai fait mes études de cinéma à Bruxelles », confie Jonathan Alric, moitié de The Blaze. « Ici, les gens sont souriants et accueillants. Quand j’apprenais à faire des films, il m’est arrivé de débarquer avec l’équipe de tournage chez des Bruxellois qui nous ouvraient gracieusement leur porte. On ne voit pas ça partout… »

Formé en 2016, The Blaze est longtemps resté un mystère. Distillées au compte-gouttes, les informations officielles filtrent d’abord par le prisme de quelques interviews furtives. « Cette discrétion découlait d’une forme de protectionnisme », explique Guillaume Alric. « Nous voulions éviter de nous exposer trop tôt. Produire de la musique et réaliser des films, nous savons faire. En revanche, répondre à des questions en interview, ce n’était pas une évidence… »

Premier coup d’éclat du duo français, le clip de Virile est une véritable expérience audiovisuelle. Filmées tout en haut d’un immeuble de la Cité Modèle, à Laeken, les images répondent en effet aux pulsations d’une musique synthétique et étrangement mélancolique. Repérée par les Anglais, la vidéo se voit couronnée de succès lors des UK Music Video Awards 2016.

Dans la foulée, The Blaze signe un clip d’anthologie pour le single Territory. Imprégné de beats électromagnétiques, le scénario expose cette fois le récit d’une camaraderie ambiguë dans l’Algérie d’aujourd’hui. Régal sonore, délice cinématographique, la production se distingue dans des compétitions prestigieuses (Grand Prix du Film Craft à Cannes, Music Video Awards à Londres et Berlin).

Ce succès scelle définitivement l’identité d’un groupe à double tranchant. Puissant à l’écran, performant sur scène, The Blaze façonne une musique dotée d’une étonnante profondeur de champ. « Chez nous, une mélodie peut insuffler un clip, mais l’inverse est vrai aussi », indique Jonathan Alric. Réalisateur de ses propres clips, producteur de sa musique, le duo se distingue dans les contrastes. Entre ombres et lumières, énergie et mélancolie, virilité et sensibilité, le premier album de The Blaze déroule sa bande-son millimétrée via dix morceaux clairs-obscurs.

« Derrière nos machines, nous explorons l’ambivalence propre à la nostalgie », révèle Guillaume Alric. « Nous enregistrons des mélodies qui rendent heureux d’être triste. Ou l’inverse. » Au rayon électro, Dancehall vient tout juste d’empocher l’étiquette du meilleur album de l’année à l’occasion des Victoires de la Musique en France. Une récompense de plus. Mais certainement pas la dernière.

THE BLAZE 11/3, 20.00, Ancienne Belgique

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