Festival XS: small is the new big

© cie-karine-ponties-le-boson

Comme chaque année au Théâtre National, la fin de l’hiver s’accompagne du Festival XS. Un concentré vitaminé en haute teneur artistique faisant l’éloge des formes courtes, innovantes par définition. 

Pénétrer le Théâtre National pendant le Festival XS, c’est s’aventurer dans un immense laboratoire enchanté où le théâtre, la danse, le cirque, la musique et la vidéo bouillonnent et débordent dans tous les recoins, derrière chaque porte, depuis les hauteurs du toit jusqu’au sous-sol en passant par le studio d’enregistrement et même les rues qui jouxtent le bâtiment. Le pitch? Chaque visiteur compose son parcours parmi une vingtaine de créations courtes - entre 5 et 25 minutes - réunissant au total une centaine d’artistes. L’occasion rêvée de prendre le pouls des tendances (inter)nationales des arts vivants le temps de trois soirées extra-intenses. Cette année, l’équipe de programmation accueille le metteur en scène Vincent Hennebicq ( L’Attentat, Wilderness), qui se charge de nous ouvrir l’appétit.

Quel est le fil rouge de cette nouvelle édition du Festival XS ?
Vincent Hennebicq: Notre envie de se rapprocher du public par l’intermédiaire de projets citoyens. Comme You Will Be Missed, l’exposition vidéo imaginée par Anne Thuot, Sara Sampelayo et Flore Herman qui sont allées interroger toute une série de personnes sur les objets africains qu’elles possèdent. Les artistes questionnent à la fois la relation des propriétaires à l’objet mais aussi la mémoire, sachant que les trois-quarts des objets africains ne sont plus en Afrique. C’est une question brûlante d’actualité. à l’instar de Extreme / Malecane - La fuite la performance de Paola Pisciottano qui s’interroge sur la montée des extrêmes droites en Europe en allant directement à la rencontre des jeunes entre 15 et 25 ans. Toujours dans une optique citoyenne, des créations comme Vous êtes (d’)ici (Cie. Tadam) se penchent sur le quartier du TN, les gens qui le peuplent. Il s’agit d’une histoire de la population mais aussi de l’implantation du théâtre dans ce coin de Bruxelles.

En quoi le format court est-il particulièrement excitant pour les arts vivants ?
Hennebicq: C’est un format qui est passionnant et qui pose la question de savoir comment transmettre quelque chose au public en si peu de temps. Il s’agit de véritables courts-métrages. Le cinéma a l’habitude de ces formats mais ça n’est pas le cas de toutes les disciplines. Le théâtre d’objets, la danse et le cirque intègrent les formes courtes. Au théâtre, c’est plus rare. Les créations courtes permettent au metteur en scène d’expérimenter, de prendre des risques et de créer des formes atypiques et nouvelles.

La rencontre de différentes disciplines en un seul et même lieu appelle aux croisements ?
Hennebicq: Tout à fait, la musique se mêle au théâtre qui se mêle à la danse, etc. On est dans l’art vivant plutôt que dans la catégorisation d’un art en particulier. Différents publics entrent un contact et c’est pareil pour les artistes des différentes disciplines qui se mettent à dialoguer. Le festival XS cherche à décloisonner les genres, à faire tomber les murs.

1652 XS femme squelette
© Joke Floreal

Les incontournables :

INUITS INOUÏS

Koenraad Tinel fut révélé au public francophone avec son poignant seul en scène Scheisseimer où il s’appuyait sur des dessins à l’encre pour relater son exode en Allemagne à l’âge de 14 ans, en 1944. Dans Femme Squelette, l’artiste flamand s’en remet à la même technique pour raconter un conte inuit. (14/3)

1652 XS ITS photo
© Valerianne Poidevin

L’AUTRE C’EST MOI

Inspirée par Marilyn Monroe, Cindy Sherman et Andy Warhol, l’artiste suisse Julia Perazzini aborde la question identitaire sous le prisme du regard de l’autre et notre capacité à s’inventer une voire plusieurs images en fonction de notre interlocuteur. It's se situe entre l’installation, le one womanshow et la performance transformiste. (14 > 16/3)

1652 XS mondes
© Pierre Grosbois

CORRESPONDANCES

Dans Mondes, l’artiste basée à Paris Alexandra Badea imagine une correspondance entre un photojournaliste et elle-même. De cette rencontre fictive émerge une parole poétique entre deux êtres pris dans le tumulte du monde, accompagnés par la guitare de Benjamin Collier. (16/3)

Fijn dat je wil reageren. Wie reageert, gaat akkoord met onze huisregels. Hoe reageren via Disqus? Een woordje uitleg.
Lees meer over
Lees ook

Nieuws uit Brussel in je mailbox?