Viviane De Muynck: par amour de la littérature

© Maarten Vanden Abeele

Jan Lauwers et Viviane De Muynck. Les deux grands noms de la scène belge se retrouvent après La Chambre d’Isabella pour un nouveau projet qui brasse la grande et la petite histoire du siècle, la mémoire et les réminiscences.

Comme dans une conjonction des astres, le metteur en scène n’imaginait pas monter ce spectacle sans elle. « J’avais lu le livre et il m’a bouleversé », précise la comédienne qui, comme Stefan Hertmans le raconte dans son roman, a eu un grand-père qui a été soldat lors de la Première Guerre mondiale. « À un moment, il a été blessé, il a perdu trois doigts et a été transporté en Angleterre pour sa revalidation. C’est là qu’il a rencontré une jeune femme dont il est tombé amoureux qu’il a épousé et c’est ma grand-mère. Et il était peintre aussi, ce qui fait beaucoup de similarités. »

Reste que Guerre et térébenthine est une histoire d’hommes racontée par des hommes. « Ça me semblait impossible pour moi, puis Jan m’a convaincue en m’expliquant qu’il voulait apporter une perspective féminine à cette histoire en centrant la troisième partie du spectacle sur un personnage féminin développé sur une demi-page dans le roman. »

Sur scène, Viviane De Muynck est la seule à prendre la parole. Elle est la vigie et la maîtresse de cérémonie du plateau qu’occupent aussi d’autres comédiens, des danseurs et des musiciens. « Jan m’a dit que dans ce spectacle, il y a des moments où je suis comme une comédienne de stand up. Chaque représentation est différente. En fait les moments où j’improvise le plus ne sont pas ceux qui paraissent improvisés. »

En février dernier, la comédienne a reçu le prix culturel flamand Ultima qui récompense une carrière artistique. Reconnaissante et heureuse, elle l’a aussi reçu comme une responsabilité pour chercher encore plus de simplicité. Celle qui a renoncé, à plus de trente ans, à une vie de cadre dans le privé pour vivre le théâtre l’a fait par amour de la littérature.

Dans tous ses rôles et plus particulièrement dans celui-ci où elle est successivement lectrice ou narratrice, son obsession a toujours été de donner vie au texte et à la littérature. Et toucher le cœur des gens sans chercher la virtuosité. « Depuis toujours, avant d’entrer en scène, je me maquille, je mets le costume et je me regarde dans le miroir en disant 'Viviane, penser, pas faire' ».

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