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'Tero à la Villa Empain': Naufrage à la Villa

© Saskia Vanderstichele
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Après Sang-Hoon Degeimbre, c’est au tour du restaurant Tero d’investir de façon éphémère le Café de la Villa Empain. Verdict ? Une mauvaise expérience que la gentillesse du service atténue un peu.

C’est l’un de ces dimanches où l’on se réveille joyeux, ravi du programme de la journée. Le planning en question ? Déjeuner et deux expositions pour le prix d’une à la Villa Empain. On se réjouit d’autant plus que depuis le 28 mars, c’est l’enseigne Tero qui est aux manettes du petit espace de restauration ouvert au sein de la prestigieuse demeure Art déco.

Pour rappel, on doit à Tero deux enseignes convaincantes, l’une à Wavre et l’autre à Bruxelles, ayant pour concept une nourriture saine proposée sous forme d’assiettes à partager. C’est donc confiant que l’on se rend sur place en ayant pris soin de réserver deux couverts à 13h30.

Tout commence plutôt bien : cadre magnifique bardé de bois (du Manilkara venu du Venezuela), petite table en marbre ornée géométriquement de lignes dorées, grande baie vitrée s’ouvrant sur les sapins. Le tout pour 28 couverts, pas un de plus. On n’a aucune difficulté à se projeter dans une autre vie que la nôtre. Dans la foulée des ondes positives, on note la gentillesse de l’accueil ainsi que le bon pain rustique proposé avec une huile d’olive aromatisée au zaatar.

Il doit être 13h40 quand on passe la commande. Le « froid » arrive 40 minutes plus tard. Soit, un duo de rouleaux printaniers (12€) et des algues wakamé et shiro kikurage (12€). Savoureuses – surtout les algues qui font valoir pain au nori et huile de sésame -, ces deux entrées satisfont. Mais un détail retient l’attention : la verdure servie avec les rouleaux printaniers n’a manifestement pas été débarrassée de sa terre.

Aïe, on comprend que la cuisine est dans le jus, près de trois quarts d’heure pour envoyer aussi négligemment deux mets ne laisse rien augurer de bon. De fait, les plats chauds - une mousseline de céleri-rave (9€), une tatin d’oignons confits (12€) et un cœur d’artichaut grillé (11€) – arrivent à 15h20, soit une heure après les algues et les rouleaux. Autant dire que l’on n’est plus dans de bonnes dispositions, d’autant plus que le trio arrive tiède sur assiette. Les présentations ont beau être soignées, on ne les savoure plus de la même façon.

On n’a plus qu’une envie : décoller des confortables fauteuils en velours rose. Toujours aussi aimable, le personnel ne ménagera pas sa peine pour faire passer la pilule (entre autres, la mousseline et l’artichaut qui seront déduits de l’addition), hélas cela ne changera pas grand-chose à l’affaire. Comme disent les Anglo-saxons : you never get a second chance to make a first impression. Celle-ci fut désastreuse.

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