Les mille humeurs d'Ana Diaz

Ana Diaz: 'Tout les genres sont permis'

Elle a le sang espagnol mais elle a grandi à Bruxelles, où sa voix, sous l’impulsion d’une génération au profil similaire, adopte le mélange vibrant et le parler-vrai de la capitale. « Tous les genres sont permis. »

Quand vous aviez 16 ans, vous chantiez déjà des standards dans des groupes de jazz. Pourquoi a-t-il fallu attendre l’âge de 27 ans pour sortir votre musique ?Ana Diaz : Pendant mon adolescence, j’étais en humanités artistiques en internat, mais il n’y avait pas beaucoup de Bruxellois qui y faisaient de la musique. J’ai appris à les connaître surtout par la suite, quand j’ai travaillé dans l’Horeca et que je sortais beaucoup. J’ai rencontré les gars de L’Or Du Commun et Roméo Elvis à une fête avant qu’ils ne soient connus.

J’ai aussi vécu un certain temps dans la même maison que Le 77 et Blu Samu. À travers toutes ces rencontres, une nouvelle palette de couleurs et de styles s’est glissée dans ma tête et j’ai compris que moi, qui avais chanté toute ma vie, je devais m’y mettre aussi. Avec le beatmaker Morgan du 77, j’ai commencé à écrire mes premières chansons, un mélange contemporain de ce que j’avais appris à l’école, dans ma famille galicienne et avec mes amis de Bruxelles.

Au début, vous chantiez et n’écriviez qu’en anglais, mais sur les trois EP que vous présenterez au Beursschouwburg, on ne trouve que des titres en français. Pourquoi ?
Diaz : J’ai appris l’anglais en reprenant des chansons de Bon Iver, entre autres, et cela me faisait sentir plus en sécurité au début. Le français était trop déstabilisant, parce que je n’écris que sur ce que moi, ma famille ou mes amis avons vécu.

Ce changement a été un vrai défi, assez stressant, parce que maintenant mes grands-parents vont me comprendre aussi (rires). J’entretiens un lien très fort avec ma famille. Ils viennent presque toujours me voir. Ma mère récemment encore à Dour. J’aimerais également chanter en espagnol, car je trouve que le multilinguisme est une énorme richesse.

Vous avez beaucoup changé de style en peu de temps. C’est pour ça que vous n’aimez pas qu’on vous colle une étiquette ?
Diaz : En effet, je préfère qu’on parle de mes chansons comme de la musique d’Ana ou un truc comme ça, plutôt que du hip-hop, du jazz ou de la pop. C’est un mélange. On peut changer de musique, comme on change d’humeur.

Sur mon dernier EP, les trois morceaux sont très différents. Le premier est introspectif et résume tout ce que j’ai appris dans ma vie. Le second est une histoire inventée sur un meurtre et pourrait être le scénario d’un court-métrage. Le troisième, avec ses afrobeats et son slang, donne envie de danser et parle du fait de rentrer d’une fête en se disant que c’était la dernière fois (rires).

Dans BX, qui s’inspire des dernières élections, vous dites que vous ne quitterez plus jamais Bruxelles.
Diaz : C’est vrai. J’ai trouvé ça choquant de constater qu’à Bruxelles, nous vivons dans une bulle et que le fait de grandir et vivre ensemble dans un mélange de couleurs et de cultures n’est pas une évidence dans le reste du pays et dans le monde. Je devais me délivrer de cette frustration.

Fijn dat je wil reageren. Wie reageert, gaat akkoord met onze huisregels. Hoe reageren via Disqus? Een woordje uitleg.
Lees ook

Nieuws en cultuur uit Brussel in je mailbox?