Transpoesie : ça rime et ça rame

Le 26 septembre est la Journée européenne des langues. C’est aussi le jour du lancement de la seconde édition de Transpoesie, qui permet à la poésie de s’emparer du métro pour plusieurs semaines, à travers les mots de 24 auteurs européens représentant autant de pays. Parmi eux, l’Espagnole Luna Miguel, née en 1990, défend via Internet toute une génération de jeunes poètes.

À travers les mots d’une vingtaine de poètes européens d’hier mais surtout d’aujourd’hui, Transpoesie glisse un peu de légèreté au milieu de la lumière blafarde des néons, du roulement infini des escalators, des avertissements stridents des portes qui se referment et des cris perçants des freins venant se serrer sur les rails. En version originale, et traduits en français et en néerlandais, 24 poèmes s’afficheront dans les différentes stations du réseau souterrain (jusqu’au 22 octobre) et dans la galerie de la station Botanique (jusque fin novembre). On y retrouve notamment le Belge Éric Piette, l’incontournable poète italien Giovanni Pascoli, le Roumain Radu Vancu et le Français Stéphane Bataillon. Certains d’entre eux seront présents à la soirée d’ouverture à Passa Porta ou à la soirée de performances poétiques le 25 octobre à la station Botanique et à l’Institut Balassi. La représentante de l’Espagne est Luna Miguel, qui a vu plusieurs de ses recueils de poèmes publiés avant ses 20 ans. Elle affirme que la poésie est loin d’être moribonde. Et elle le prouve. 

L’un de vos recueils s’intitule Poetry is not dead. Qu’est-ce qui vous permet de dire que la poésie n’est pas morte ?
Luna Miguel :
C’est notamment le nombre de jeunes qui, en Europe, aux États-Unis ou à d’autres endroits du monde, tiennent un blog, écrivent, créent, lisent, partagent et qui sont ainsi actifs pour ce genre littéraire qu’est la poésie. En Espagne, on a cru de nombreuses fois que la poésie était morte, mais récemment, il semble qu’il y a une nouvelle génération qui arrive. Et cela se passe tant au niveau de l’Espagne qu’à un niveau plus général. Cette jeune génération utilise Internet et les nouveaux médias pour diffuser et faire la promotion ce genre littéraire. Donc, non, la poésie n’est pas morte.
Vous avez publié l’année dernière une anthologie de jeunes poètes espagnols : Tenían veinte años y estaban locos (« Ils avaient 20 ans et ils étaient fous »). Comment est né ce projet ?
Miguel :
Cette anthologie a toute une histoire. Il y a d’abord eu un blog qui porte le même nom (estabanlocos.tumblr.com), qui existe toujours et dans lequel figurent des auteurs américains, espagnols, anglais, canadiens, français, italiens, portugais, australiens, sud-américains... nés entre 1983 et 1998. Mais cela nous intéressait aussi de dresser un panorama espagnol. Nous avons finalement sélectionné pour ce recueil 27 auteurs espagnols de moins de 27 ans, fort différents les uns des autres, qui nous semblaient faire des choses intéressantes. Ils forment, je crois, un « résumé » de ce que seront à l’avenir les voix poétiques les plus importantes de notre pays.
Vous êtes également traductrice....
Miguel :
Je suis devenue traductrice un peu par hasard. Dans le cadre du blog Tenían veinte años, je voulais vraiment que les lecteurs espagnols puissent avoir accès à des choses auxquelles ils ne pourraient pas accéder autrement. Parce que le monde de l’édition se porte très mal en Espagne actuellement... Ce qui fait qu’il est impossible de découvrir de nombreux auteurs très intéressants… Ça me semblait une petite contribution nécessaire, même si mon niveau d’anglais ou de français n’est pas comparable à celui d’un traducteur diplômé ! C’est plus une sorte de hobby qu’un vrai métier.
Vous tenez votre propre blog - www.lunamiguel.com - depuis que vous avez 15 ans.
Miguel :
Ce blog est très important pour moi. J’en ai eu d’autres mais celui-ci me permet d’écrire des choses un peu plus sérieuses. J’ai préféré le dédier à des recherches littéraires, je l’utilise pour donner une place à d’autres auteurs... Les gens qui me connaissent me connaissent souvent par le blog. C’est un peu comme une carte de visite. J’aime aussi beaucoup le fait que grâce au blog, on puisse échanger avec d’autres 
personnes.

Le poème choisi pour Transpoesie commence par ces mots « Ils ne nous ont pas appris à nager / et en peu de temps / nous avons appris à nous noyer » et votre prochain recueil s’appelle La tumba del marinero (« La tombe du marin », qui paraîtra en avril 2013). La mer est importante pour vous ?
Miguel : J’ai toujours vécu dans de grandes villes, mais j’ai aussi vécu au bord de la mer, comme à Nice ou à Almeria (en Andalousie, au bord de la Méditerranée, NDLR). J’aime ce choc entre la nature et la ville. Barcelone, où je vis à présent, m’inspire beaucoup parce que la nature et la ville s’y entrechoquent brutalement. C’est une ville très grande, très européenne,  mais où il y a la mer et dans les vieux quartiers, il y a beaucoup d’animaux en rue, des mouettes en train de manger... C’est une espèce de zone étrange. Je crois que ce qui m’intéresse le plus, c’est de découvrir ce qu’il se passe quand la ville et la nature se rencontrent.
Le corps est aussi central dans vos poèmes, à travers notamment les thèmes de la maladie et de la sexualité.
Miguel :
Ce sont mes thèmes-clés, des thèmes que j’ai toujours voulu approfondir. J’ai commencé à écrire quand j’avais 15 ans et au fil du temps, j’ai changé de forme, de style, j’ai changé la façon de m’exprimer, mais ce sont toujours ces thèmes qui sont centraux. Dans mes derniers textes, j’évoque notamment le cancer d’un de mes proches. Je m’intéresse aussi au végétarisme, qui est aussi lié au corps. Quant à la sexualité, c’est un thème poétique par excellence que je voulais traiter.
Votre jeunesse est plutôt un avantage ou un désavantage ?
Miguel :
Un peu des deux. Le principal avantage, je pense, c’est que les gens sont curieux de savoir qui est cette fille si jeune et ce qu’elle fait. J’ai l’impression que cette curiosité est toujours positive.
Vous pensez toujours à la poésie ?
Miguel :
Je bosse dans une grande maison d’édition, donc je travaille toute la journée en lien avec la littérature. Mais en général, la poésie est toujours dans ma tête. Ma manière d’écrire, c’est de m’asseoir une fois par semaine pendant quelques heures et d’écrire tout ce que j’ai eu en tête pendant cette semaine. N’importe quelle chose, n’importe quel moment peut me donner une idée.

Transpoesie • 26/9 > 22/10, gratis/gratuit/free, Verschillende metrostations van de MIVB/Stations de métro du réseau de la STIB, Brussel/Bruxelles, www.transpoesie.eu

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