TikTok mène le game dans nos salles de concert !

Beach Bunny

Plus que jamais, les pratiques virtuelles influencent nos vies réelles. Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont un impact significatif sur nos habitudes de consommation. La musique n’échappe pas à ce changement de paradigme.

La musique n’échappe pas à ce changement de paradigme. Surtout depuis que TikTok a fait son apparition sur le marché. Créée en Chine en 2016, l’application de partage vidéo est aujourd’hui la plus téléchargée du monde. Avec plus de 970 millions d’utilisateurs, TikTok est devenu un véritable incubateur de tendances. Il est désormais facile de mesurer l’impact de l’application sur les ventes d’une chanson ou sur la popularité d’un rappeur, sorti de nulle part, aussi furtivement qu’un pop-up publicitaire sur une page web.

Avec Tik Tok, ce sont les consommateurs, via les bandes-son choisies pour accompagner leurs vidéos, qui offrent une caisse de résonance inédite aux artistes. En quelques clics – et un peu de chance –, un morceau peut, quasi instantanément, devenir le hit préféré de millions de personnes. Le succès est là, à portée de main, même dans un style aussi improbable que le « rap country ». La chanson ‘Old Town Road’ de Lil Nas X, par exemple, a ambiancé les rodéos d’une poignée de cow-boys éméchés avant de s’emparer de la planète et de battre tous les records de streaming. C’est une évidence : TikTok a changé la manière dont la musique circule dans l’univers numérique. Mais, de façon beaucoup plus terre à terre, l’application modifie également notre rapport aux concerts...

À Bruxelles, comme partout ailleurs, une nouvelle dynamique est à l’œuvre dans vos salles préférées. Du Botanique à l’AB, les programmations se dessinent désormais avec un œil rivé sur TikTok. Révélée grâce à la chanson ‘Prom Queen’, une diatribe contre les diktats de la beauté dans nos sociétés occidentales, la voix de la chanteuse américaine Lili Trifilio est aujourd’hui l’une des préférées de la communauté TikTokienne. Son groupe de rock, Beach Bunny, enchaîne d’ailleurs les tournées jouées à guichets fermés. La date annoncée au Botanique, ce
5 novembre, affiche sold-out depuis des lustres.

À une époque, pas si lointaine, les salles de concert se remplissaient grâce à des campagnes promotionnelles rondement orchestrées par les maisons de disques. Dorénavant, le taux de remplissage doit beaucoup à la dimension virale des vidéos postées. Là-dessus, le Botanique fait encore salle comble, le 7 novembre, avec The 502s. Venue de Floride avec un banjo et quelques mélodies épiques dans ses bagages, la formation multiplie les vidéos virales sur le réseau social avec, à la clé, un joli succès en salle.

La popularité des révélations TikTok doit également se comprendre à l’aune d’une puissante relation à l’image. Sur le réseau social chinois, le public regarde la musique avant même de l’écouter. Valeur montante du rap emo, nothing,nowhere maîtrise parfaitement les codes visuels afférents à l’application. Tellement bien qu’il s’offre lui aussi un concert complet, le 26 novembre, à l’AB.

L’occasion de voir, en vrai, un personnage qui multiplie les vues dans la bulle virtuelle. Un simple coup d’œil sur les affiches proposées dans les salles de la capitale permet de poser un constat sans appel : TikTok altère nos habitudes de consommation et redéfinit les contours de la création musicale. En 2022, les vidéos les plus populaires durent entre 15 et 30 secondes. D’où l’importance pour les artistes de composer des chansons expéditives et, surtout, dotées d’un bon gimmick. Les plus courtes sont les meilleures. Avec TikTok comme incubateur, ce n’est certainement pas une plaisanterie...

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