Nicolas Ancion: le raconteur de possibles

Dans Blockbuster, monté avec le Collectif Mensuel, l'infatigable raconteur d'histoires Nicolas Ancion convoque les grandes stars hollywoodiennes pour incarner la résistance des citoyens face à un système corrompu.

Il n'y a qu'une seule chose que je refuse de faire avec l'écriture, c'est répéter ce que j'ai déjà entrepris par ailleurs ", résume Nicolas Ancion, auteur prolifique qui a déjà publié une quarantaine d'ouvrages en vingt années. Poésie, romans, nouvelles, pièces de théâtre, il touche à tous les genres et à tous les âges avec la même facilité et la même envie de raconter des histoires. Son terrain de fiction, c'est le monde d'aujourd'hui avec ses injustices et ses inégalités qui sont les moteurs d'une société duale de perdants et de gagnants.

1536 PODIUM BLOCKBUSTER
© Dominique Houcmant-Goldo
Son écriture est clairement une forme de résistance, mais sa prose n'est pas pour autant sentencieuse. Au prêchi-prêcha, ce fils de marionnettistes préfère l'instabilité et le décalage de l'humour. Un humour qui lui permet de garder la distance, de ne pas être dupe des rebondissements et des personnages qu'il invente au fil des pages. Boulimique de phrases et de mots, ce paresseux contrarié s'est aussi fait une spécialité des romans marathons écrits en 24 heures. Une expérience qu'il a répétée à Bruxelles, New York, Hanoï et Berlin. En connexion avec ses lecteurs qui peuvent lire en temps réel l'avancée de sa prose, il se laisse emporter par son imagination dans une sorte de transe générée par la fatigue et la lassitude. Sans illusions sur l'état de déliquescence de notre société sans autre boussole que le capitalisme casino, Nicolas Ancion croit en l'humain. Il voit dans notre époque celle où des citoyens lassés de se laisser écraser sans broncher, se réapproprient l'avenir. Dans la plupart de ses histoires, ce sont les invisibles, ceux qu'on ne voit et qu'on n'entend pas qui prennent les choses en main. Invisibles et remuants, son dernier roman, est un thriller qui prend pour cadre l'Espagne rongée par les ravages du capitalisme spéculatif. Dans ce millefeuille d'intrigues se croisent un mercenaire russe, un photographe fauché, une menace bio-terroriste, un chercheur sans scrupules et des milliers d'Espagnols jetés à la rue par l'hydre financière. Avec l'aide de ses joyeux complices du Collectif Mensuel, il s'inspire de ce roman pour en faire un spectacle théâtral, Blockbuster, une superproduction cinématographique qui ne coûte pas un rond, ou presque.

Dans cette adaptation libre, l'intrigue est transposée à Liège et les plus grandes stars du cinéma hollywoodien sont appelées en renfort pour un gigantesque mash-up. Sur un grand écran en fond de scène, se succèdent 1400 plans tirés de 140 films alors que la troupe du collectif assure les dialogues, la musique et les bruitages. Et voilà que Brad Pitt devient un chômeur sexy, Julia Roberts une journaliste engagée, Michael Douglas le patron d'une Fédération d'entreprises et Sylvester Stallone un casseur de gauchistes. Le résultat de cet assemblage improbable est bluffant. Avec un sourire désarmant, Nicolas Ancion le répète à longueur d'interview: " Ça ne peut plus durer, la révolution est inévitable ". Pas sûr que ce sera aussi drôle.

Blockbuster. 23/11 > 4/12, Théâtre National, Bruxelles
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