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© Lara Gasparotto

Visage de Rosas, la compagnie d'Anne Teresa De Keersmaeker, la danseuse basée à Bruxelles Soa Ratsifandrihana se lance dans sa première création: gr oo ve. La célébration de l'étincelle qui s'allume en elle lorsqu'un son met son corps en mouvement.


Formée au Conservatoire National de Paris avant de danser pour des pointures telles que James Thierrée, Salia Sanou et Anne Teresa De Keersmaeker et sa compagnie Rosas, Soa Ratsifandrihana se propose dans son premier solo de rendre hommage aux multiples influences qui ont façonné son groove, et fait d'elle l'artiste qu'elle est aujourd'hui.

Un parcours jalonné de rencontres avec des chorégraphes incontournables mais aussi, et surtout, un amour pour la danse et la musique transmis par son cercle familial. "Depuis que je suis toute petite, je danse avec ma famille, mes parents et mon frère, dans le salon. Je suis d'origine malgache et toute célébration passe par la danse", dit Soa Ratsifandrihana. "Le groove appartient au champ lexical familial. Pour moi, c'est une danse qui servait à incarner les musiques qu'on aimait mon frère et moi. En grandissant, nos mouvements devenaient de plus en plus sophistiqués, jusqu'à incarner notre signature."

Mise en joie
Si pendant longtemps Soa Ratsifandrihana a dissocié son groove, performé en famille, dans les fêtes et boîtes de nuit, de la danse contemporaine et ses théâtres, son solo gr oo ve puise dans ces deux univers. Si ça n'était pas déjà le cas. "La quête du groove m'a toujours suivie. En parcourant les partitions plus cérébrales avec Anne Teresa De Keersmaeker, par exemple, je pense que j'ai toujours voulu garder un rapport d'improvisation ou de jeu avec la musique."

Pour Soa Ratsifandrihana, danse, musique et groove sont les mailles d'un même filet. "Le groove, c'est l'articulation d'un motif rythmique qui, dans la répétition, crée un balancement du corps incontrôlé qui me met en joie et me permet de vivre mes émotions avec intensité." Même si, note l'artiste, le groove reste "une notion non quantifiable", qu'il appartient à chacun.e. de définir et de s'approprier.

"Historiquement, le groove vient du swing et est apparu dans les années trente dans la musique jazz. Le terme s'est ensuite étendu à plusieurs courants musicaux et esthétiques. Dans la pièce, j'en profite pour ouvrir la discussion sur le groove à deux musiciens qui sont justement dans des esthétiques très différentes." À savoir le Français Sylvain Darrifourcq, batteur et compositeur faisant interagir feedback (Larsen) et rythme dans une esthétique proche du glitch, et le producteur et beatmaker hip-hop Alban Murenzi, du groupe belge Yellowstraps.

Au-delà de la danse et de la musique, le vocabulaire du groove exploré par Soa Ratsifandrihana se décline jusque dans la création lumière (Marie-Christine Soma), son costume de scène (Coco Petitpierre) et même dans la présence du public invité : "La configuration de la pièce est en quadri-frontal, un peu comme dans les cyphers hip-hop. Ainsi, le public participe à la dramaturgie du spectacle dans un moment que j'espère de communion. Parce que le groove est une expérience collective."

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