Expo de la semaine: le voodoo de Stephan Goldrajch

© Albert Baronian
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Rien d’effrayant dans les masques et figurines voodoo que l’artiste plasticien bruxellois Stephan Goldrajch façonne avec des matériaux textiles, mais plutôt un guide pour entrer dans un monde merveilleux.

Stephan Goldrajch aime les travaux d’aiguille. Depuis une quinzaine d’années, l’artiste belge explore les ressources plastiques de la broderie et du crochet dans des séries de masques chamarrés. Une des vertus de la broderie à ses yeux est de tisser du lien et ce grâce aux nombreux projets participatifs qu’il lance sur des places publiques avec les habitants, les passants, des réfugiés et même des curés.

En 2012, il a investi le home des Ursulines pour six mois avec l’idée d’y développer une sorte de thé dansant avec les résidents qui réalisaient aussi des masques et des costumes. L’exposition qu’il présente dans le petit espace de la Galerie Albert Baronian s’intitule Voodoo. Il ne faudrait pas y voir d’invocation des puissances maléfiques mais plutôt comme une malicieuse invitation à transgresser les non-dits et à passer de l’autre côté de la frontière en quête du merveilleux.

Le mur du fond est occupé par une grande tête aux yeux en forme de boutons grands comme des soucoupes. Des oreilles en chou-fleur et une grande bouche complètent le visage. Les brins de laine qui pendent de part et d’autre de la bouche écarlate dessinent des rigoles de sang, mais la créature a l’air gentille. À ses côtés, une série de poupées au corps crocheté de noir. Le visage donne ici l’impression d’être un fouillis de brins de laine brillants et colorés et de poils hirsutes grisâtres qui leur donnent un air de vieillards un peu fantasques. Des fils pendent des bras et des jambes comme un message inachevé.

Parfois, la face est presque brouillée dans la matière textile où s’accrochent comme des moules à un brise-lames, des boutons et des perlottes pour maintenir le dialogue. C’est tout seul que l’artiste a réalisé ses figurines, textiles convoquant des techniques ancestrales pour un travail qui abolit le temps.

De la broderie, Stephan Goldrajch aime la rigueur qu’elle impose et la symbolique qui semble émerger d’une autre époque et d’un autre temps mais qui est aussi porteuse d’autres histoires encore à raconter. Ces masques qu’il a aussi l’habitude d’appeler ses « têtes de bonheur » ne sont rien sans notre regard, passeport indispensable pour accéder à la magie qui se peut cacher dans une pelote de laine et une boîte à couture.

Stephan Goldrajch. > 24/2, Albert Baronian, Ixelles

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