Expo de la semaine: Soviet Design. Red Wealth

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Le musée bruxellois du design poursuit sa collaboration avec son confrère de Moscou pour nous présenter une exposition qui dévoile quelques objets du quotidien soviétique, ainsi que des projets de design jamais entrés en production. 

Jusqu’à la fin des années quatre-vingt, alors que l'Union soviétique n’avait plus que quelques années à vivre, le mot design n’existait pas en russe. L’exposition qui se tient à l’ADAM est le résultat d’un sauvetage et d’un travail d’archive du jeune Musée du Design de Moscou.

Lorsque le pays s’est effondré, de nombreuses archives ont été brûlées, des prototypes détruits et, dans les années qui ont suivi l’effondrement du régime communiste, la population semblait pressée de se débarrasser de tout ce qui lui rappelait les années soviétiques.

Les quelque 600 objets exposés couvrent une période qui s’étend des années cinquante aux années quatre-vingt. À la présentation historique et chronologique, les concepteurs ont préféré les regrouper par thématique.

On passe ainsi des véhicules automoteurs à la vaisselle en porcelaine, des jouets à la conquête spatiale, du design textile aux sports et aux jeux olympiques de 1980. Ce qui donne une vue d’ensemble très fragmentée qui manque parfois d’éléments de contextualisation.

En Union soviétique, le graphisme a toujours bénéficié d’un traitement de faveur. On en trouve un écho avec de multiples affiches pour le cinéma et les événements sportifs, des pochettes de disque, des packagings, des boîtes, des textiles et des cartons pour du papier peint.

Planification industrielle

À la sortie de la guerre, les besoins du pays étaient immenses et les usines ont tourné à plein régime pour produire des objets de première nécessité, des moyens de transport, au mobilier et à l’électroménager.

La priorité était mise sur la production de masse souvent facilitée par la copie des modèles occidentaux adaptés aux contraintes de production locales.

Dans le système de planification industrielle, la concurrence était totalement absente et les designers, employés par l’état, dépossédés de leurs créations, ce qui ne poussait franchement pas à l’innovation.

Cela n’empêchait pas certains, plus têtus, plus visionnaires, de rêver à de nouveaux objets, souvent balayés d’un revers de la main par les services de production. C’est ainsi que moins d’un tiers des projets ont été réalisés.

On peut en voir de multiples exemples dans l’exposition, du prototype de service en porcelaine, minimaliste et inventif au design d’ordinateur publié dans les années quatre-vingt par la revue Technical Aesthetics ressemblant étonnamment à ceux de la marque à la pomme. Les prototypes ont disparu, il reste les photos.

Pour rendre justice à ces designers ignorés, le Moscow Design Museum a retrouvé les plus importants d’entre eux pour des entretiens passionnants dont on peut voir quelques extraits sur écran.

Tout s’est arrêté avec le basculement des années nonante. Le design soviétique appartient désormais au passé mais la boîte noire n’est pas complètement hermétique.

Par ces interstices, on découvre des objets, des images qui n’appartiennent pas à notre histoire émotionnelle et quotidienne mais qui charrient leur lot d’étrangeté et de beauté.

> Soviet Design. Red Wealth. > 21/5, ADAM, Laeken

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