Django Django Affirmé

Django Django

Après un disque concept un peu trop complexe, le quatuor britannique enregistre une collection de chansons à siffler sur la route des vacances ou sous la douche. L’évidence retrouvée, le pas de danse dérouillé, Django Django affirme tout son potentiel sur Marble Skies, album coloré et pétillant avec des guitares et du synthé dedans. 

Psychédélisme acidulé et cavalcades de mélodies multicolores sont les attributs majeurs du tour de force signé en 2012 par Django Django. Avec son premier album, le groupe écossais s’est imposé comme une valeur sûre de la pop moderne. Fort de ce coup d’essai, le quatuor s’enferme alors dans un studio suréquipé pour enregistrer la suite de ses aventures. Moins drôles, plus conceptuels, les morceaux du deuxième Born Under Saturn se noient malheureusement dans un océan d’arrangements synthétiques et sophistiqués.

Rassemblés dans un petit atelier londonien, les quatre garçons retrouvent aujourd’hui le goût des choses simples. Fabriqué à la sueur du front, mais sans prise de tête, le nouveau Marble Skies est un disque efficace et euphorisant. En dix chansons joyeusement bricolées, Django Django relance la machine à danser. À la veille de son concert à Bruxelles, la moitié du groupe se met à table avec BRUZZ. Le chanteur Vincent Neff et le bassiste Jimmy Dixon affichent un large sourire. Témoin du plaisir retrouvé et d’un soulagement partagé.

Pour annoncer la sortie de Marble Skies, vous avez sorti le sautillant Tic Tac Toe, un single qui renoue avec l’esthétique des débuts. C’était l’objectif ?
Vincent Neff: Avec le deuxième album, nous avons cherché à montrer de quoi nous étions capables avec un double vinyle et des morceaux articulés autour d’un même thème. Pour concevoir ce disque, nous avons passé plusieurs semaines en studio.

Mais compte tenu de la richesse des arrangements, c’était à chaque fois un casse-tête pour reproduire nos chansons en concert. Cette fois, nous avons misé sur des compos simplifiées. Nous avons enregistré vingt titres puis, opéré une sélection, pour ne conserver que les dix meilleurs.

Nourrissez-vous des regrets à l’égard de votre deuxième album ?
Jimmy Dixon: La place accordée à l’écriture était prédominante. Du coup, les structures des chansons s’adaptaient à la densité des textes. Notre recette couplet-refrain fonctionnait moins bien mais, techniquement, l’épisode Born Under Saturn a été riche d’enseignements.

Nous ne nourrissons aucun regret à l’égard de l’itinéraire emprunté par Django Django. Ce deuxième album était une étape nécessaire dans notre parcours.

Quel était votre état d’esprit à l’heure d’enregistrer Marble Skies ?
Dixon: Le mot d’ordre, c’était de s’amuser, de prendre du plaisir dans le processus créatif. Marble Skies est né de façon insouciante. Pendant dix jours, nous avons composé sans réfléchir à ce que nous étions en train de faire. Cette approche ultra intuitive nous a rafraîchi les idées.

Ces sessions se sont déroulées sans Dave Maclean, votre batteur et principal compositeur. Où était-il ?
Neff: Dave avait besoin de souffler après notre dernière tournée. En plus, il était accaparé par son boulot de producteur. Il a donc décidé de rentrer chez lui, en Écosse. C’est sa décision de rester à l’écart. De notre côté, nous étions ultra motivés. Nous avons appelé Dave pour voir s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’on commence les maquettes de l’album sans lui...

Pour pallier son absence à la batterie, vous avez fait appel à Anna Prior du groupe Metronomy. C’est une remplaçante de luxe ?
Dixon: Nous ne la voyons pas comme une doublure. Anna est notre amie et une excellente musicienne. Elle a le sens du groove et s’adapte facilement à la situation. Toutes les parties qu’elle joue sur les ébauches de Marble Skies ont été retravaillées par Dave. Nous n’avons jamais songé à le remplacer. Dans le groupe, c’est un homme-clé. C’est notre batteur, notre producteur, mais aussi le principal artisan de nos collages sonores et de notre touche électronique.

Le nouveau single, Surface to Air est entièrement chanté par Rebecca Taylor, la chanteuse du groupe Slow Club. Pourquoi s’effacer derrière sa voix ?
Neff: En réécoutant la démo réalisée pour ce morceau, je n’étais pas convaincu par mon chant. Dave a alors proposé d’inviter sa copine Rebecca, histoire d’apporter de la nuance dans la mélodie. Au début, nous pensions partir sur un duo avec une alternance des voix. Au final, Rebecca chante toute seule. Nous sommes partis dans un trip à la Primal Scream, un truc à la Screamadelica. Cette collaboration apporte de la variété dans nos compos. Ça renouvelle notre propos, tout en restant du Django Django.

> Django Django. 5/3, 20u30. Ancienne Belgique.

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