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Johan de Wilde: La lumière de Norvège

© hugard & vanoverschelde
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Pour sa première exposition chez Hopstreet, Johan De Wilde explore à bas bruit les vibrations chromatiques que lui inspirent une marque de crayon, des fresques de la Renaissance ou la mort de son coiffeur.

Il y a chez l’artiste belge Johan De Wilde un dialogue permanent entre le visible et l’invisible. Les aplats de ses dessins réalisés sur des cartons de format standard sont composés d’un croisement de très fines lignes tracées côte à côte au crayon de couleur. Les traits sont presque imperceptibles sauf quand une couleur plus foncée diffuse dans une autre plus claire dans un vibrant brouillard. Pour sa première exposition à la galerie Hopstreet, l’artiste a choisi de montrer différents travaux et séries dissemblables à première vue mais très semblables dans leur approche.

1648 Johan De Wilde (2)

Ce sont des œuvres à regarder lentement. Le temps que prend le spectateur pour habituer son regard aux subtiles variations des traits correspond à celui pris par l’artiste pour son minutieux travail méditatif. Le gris est la couleur dominante de nombreuses compositions, un gris ouvert aux transparences, aux contaminations et aux déchirures, un gris qui n’est jamais dominateur. Certains dessins sont abstraits, d’autres laissent apparaître des formes et silhouettes végétales fantomatiques et parfois des éléments concrets, tel une branche, un bout d’écriture, une sphère, comme des objets venus du monde réel égarés dans une mer de gris.

Et tout à coup l’invisible devient visible. Johan De Wilde a vécu six années en Norvège, sur les îles Lofoten au nord du cercle polaire. Un séjour qui a eu une grande importance sur son travail. C’est sur ces îles inhospitalières baignées d’un ciel immense que l’artiste a senti, presque touché dans la lumière particulière du grand Nord. Il y a aussi ressenti l’absence et le vide si plein qu’il traduit dans le dépouillement de ses dessins.

1648 Johan De Wilde (3)

Johan De Wilde est fasciné depuis longtemps par les fresques de Fra Angelico au couvent San Marco de Florence. Touché par leur modernité, il a décidé de leur consacrer une série de monochromes. Les neuf panneaux répartis en trois groupes de trois reprennent chacun une des couleurs des neuf premières fresques. Chaque panneau de format A4 présente un monochrome bordé d’un cadre où se répartissent quatre autres couleurs voisines dans la fresque. Que reste-t-il des fresques du peintre de la Renaissance dans cet austère relevé chromatique ? Tout ce qui sépare le visible de l’invisible.

JOHAN DE WILDE: FERNAND > 2/3, Hopstreet Gallery

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