Keith Haring: Le chien aboie, Haring dessine

Les joyeuses créatures de Keith Haring prennent possession des murs de Bozar. Une copieuse rétrospective rend hommage au parcours météorique d’un artiste qui a abordé le dessin comme une performance et fait de la rue son studio.

L’art de Keith Haring s’identifie avec les années quatre-vingt dont il fut un joyeux et coloré prophète des apocalypses à venir. Avec le recul, son œuvre est aussi remarquable pour d’autres raisons. Le New-Yorkais a été un des premiers artistes issus du street art à sortir de la rue pour coloniser les galeries, l’espace public et le marché.

Viscéralement attaché à un art accessible et ouvert sur la société, il a été l’acteur et le moteur de son propre merchandising en créant ses fameux Pop Shops. L’artiste qui adorait dessiner et peindre en public ne s’est pas privé pour démultiplier à l’envi ses créations sur tous les types de support imaginables : mugs, t-shirts et casquettes, boîtes de préservatifs et on en passe. La raison en est très simple. L’apparente simplicité de son trait et de ses personnages devenus iconiques lui servait à faire passer ses mises en garde et sa révolte contre l’intolérance religieuse, la culture des armes, la bigoterie, le racisme, l’homophobie et enfin l’indifférence face au sida qui a fini par avoir sa peau en 1990.

Montée d’abord à la Tate Liverpool, l’exposition embrasse la totalité d’une carrière artistique qui s’est étendue sur à peine une dizaine d’années. On y trouve des dessins abstraits réalisés à l’école d’art, ses premières interventions sauvages, des vidéos de ses performances dans le métro ou dans les boîtes de nuit avec la jet-set artistique de l’époque. Même si son vocabulaire graphique pouvait paraître limité, il cherchait toujours de nouveaux moyens et supports.

C’est ainsi qu’on verra la reproduction de l’installation éclairée aux néons UV qu’il avait montée dans le sous-sol de sa galerie new-yorkaise. Une place est réservée aux liens particuliers de Keith Haring avec la Belgique, de la cafétéria du Musée d’Art Contemporain d’Anvers à la maison-dragon de Niki de Saint-Phalle chez Roger Nellens.

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