Artistes en quarantaine 7: Pitcho Womba Konga

En ces temps d’introspection et de confinement forcés, BRUZZ a demandé à des artistes bruxellois leur antidote à l’ennui, aux heures, aux jours et aux semaines qui se succèdent et se ressemblent. Comment garder l’inspiration depuis son salon ? Épisode 7 : Pitcho Womba Konga.

« Ça a été un coup dur », dit Pitcho Womba Konga en faisant référence à l’annonce de la fermeture du KVS jusqu’à nouvel ordre. « La création vous plonge dans un certain rythme et c’est difficile d’accepter qu’il faille arrêter la machine ». Le 18 mars, jour où les mesures drastiques de confinement s’abattent sur la Belgique, le metteur en scène et son équipe de création sont alors en pleine finalisation de Fire will become ashes, but not now.

James Baldwin
L'écrivain, poète et dramaturge américain James Baldwin

La seconde pièce (on se souvient du percutant Kuzikiliza) de Pitcho Womba Konga s’inspire de l’influent écrivain, poète et dramaturge américain James Baldwin dont il transpose les considérations au présent. Faute de pouvoir animer les planches du KVS au printemps 2020, la pièce a été reportée à février 2021.

Pour l’heure, Pitcho Womba Konga s’accorde un peu de recul face à son nouveau spectacle. « Je continue à travailler sur la pièce mais de façon plus lente », dit l’artiste multidisciplinaire. « Il est clair que ce confinement va, plus ou moins directement, nourrir le spectacle. À un moment donné, il va falloir prendre le temps de digérer ce qui s’est passé et observer comment un tel phénomène aura marqué nos vies et nos créations ».

Le verre à moitié plein

Le plus difficile selon l’artiste : c’est l’acceptation. « Quel est notre rapport à l’acceptation ? Je pense que dans tout ce qui nous arrive, il y a quelque chose de positif à retirer », dit Pitcho Womba Konga qui raconte trouver l’apaisement dans les écrits du père de la pensée positive : le pasteur américain Norman Vincent Peale. « C’est toute la question du verre à moitié plein et à moitié vide ». Afin de ne pas tomber dans la spirale anxiogène d’internet, le metteur en scène limite ses visites sur les réseaux sociaux à une heure par jour. « Se focaliser sur le flot d’informations qui inondent Facebook et Twitter revient à prétendre que la vie s’est arrêtée. Or, c’est faux, la vie continue ».

Peale
© Le pasteur américain Norman Vincent Peale, auteur de "La puissance de la pensée positive"

Pour s’évader du confinement, l'artiste, initialement rappeur et musicien, explique s’être lancé dans la redécouverte d’albums musicaux. « En ce moment j’écoute Chambre avec vue d’Henri Salvador. Ma fille en est folle. Moi j’adore le côté nostalgique et jazzy qui fait parfaitement écho à ce qui se passe en ce moment : enfermés chez nous, nous avons vue sur une ville qui est vide. Tout ce qui nous reste quand on regarde par la fenêtre, ce sont nos souvenirs et nos projections. »

Salvador
L'album 'Chambre avec vue' de Henri Salvador

Si la pandémie ne permet pas de se rencontrer à l’extérieur, elle amène à revisiter son espace familial. « Le confinement me permet de passer du temps avec ma fille. Quand tu travailles, tu la vois au réveil ou au coucher, mais là je traverse la journée en sa compagnie. Je la redécouvre : sa personnalité, sa manière de voir le monde, de demander des choses. Sachant qu’elle n’est encore qu’un petit bébé ».

pitcho confinement
© Pitcho Womba Konga et sa fille

Un réinvestissement du foyer et de l’espace intérieur qui, explique Pitcho, se dresse comme un véritable défi. « Il faut apprendre à être patient avec les gens qui nous entourent. Des gens comme Nelson Mandela ont passé des dizaines d’années en prison et ont réussi à trouver leur liberté à l’intérieur de quatre murs. Notre travail à nous est de parvenir à trouver notre liberté au milieu des gens qu’on aime. Il y a quelque chose de très philosophique et de psychologique à travailler en ce moment, et qui n’a rien à voir avec les peurs et les angoisses que font circuler les médias. Car ce sont précisément ces angoisses qui font que chacun se réfugie dans sa bulle et qu’il n’y a plus d’empathie ».

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