Bas les masques: Antoine Pierre se dévoile sur la crise du coronavirus

© Saskia Vanderstichele

Chaque semaine, BRUZZ sonde un artiste bruxellois sur les nouvelles vérités qui se sont formées derrière son masque buccal. Le batteur de jazz Antoine Pierre (28 ans) espère un ralentissement du consumérisme.

ANTOINE PIERRE

  • naît à Liège en 1992
  • étudie le jazz à Bruxelles et New York.
  • fonde les groupes Next.Ape et Urbex, joue pour TaxiWars
  • participait il y a deux semaines au Bel Jazz Fest
  • sort cette semaine le single 'Steam' qui sera suivi de l'album Suspended le 11 septembre

Comment avez-vous vécu le confinement ?
Au début, tout le monde était dans l'inconnu, dans l'ignorance. C'est un peu vertigineux quand l'état t'oblige à ne pas sortir. ça fait peur. Mais de l'autre côté, j'ai vraiment pris le pli de changer de mode de vie. De tout d'un coup se dire, OK, on va prendre le temps. Tu avais l'impression que tout était au ralenti. Ça m'a fait un bien fou. J'ai fait des tours à vélo à la Forêt de Soignes, j'ai travaillé à fond sur mon projet solo de batterie électronique. J'ai l'impression d'être plus connecté. Je souhaite à tout le monde de ressentir ça. D'un point de vue personnel et spirituel, le confinement était génial. Le fait d'être dans ce cocon, cette cabane où il y avait de la place pour la réflexion. D'un point de vue économique, c'était plus compliqué. (Rires)

Pensez-vous que nous vivons avec de nouvelles vérités ?
Une crise comme celle-ci montre à la loupe beaucoup de problèmes de notre société – tout ce qui est en rapport avec la mondialisation, la surconsommation, le climat. C'est clair que nous n'avons pas besoin de grand-chose pour vivre au final. Ce qui a manqué cruellement pendant le confinement, c'était la vie sociale. Au début, j'ai eu une petite lueur d'espoir. Génial, le monde va changer ! Quand la vie a commencé à reprendre "comme avant", j'ai été déçu. Dès que les drive-in des fast-food ouvrent, tu vois les files de bagnoles, et tu te dis: pourquoi ? Les choses les plus importantes dans la société ne sont pas réactivées mais tout ce qui est superficiel est bien là.

Votre rôle en tant qu'artiste a-t-il changé ?
Depuis un petit temps, j'avais vraiment envie de faire passer un message. Avec cette crise, et avec Black Lives Matter, encore plus. Il est important de ne pas obliger mais de véhiculer les choses. Permettre aux gens de sortir d'un concert, d'une expo, d'un film en se posant des questions. Finalement c'est un peu notre rôle en tant qu'artiste.

Votre nouveau disque, Suspended, reflète-t-il l'esprit de cette période ?
Je le vois comme un double axe. Il y a d'abord l'hommage à Bitches Brew, l'album iconique de Miles Davis qui reflète les luttes des Afro-Américains dans les années soixante. Le jazz a toujours été une musique avec un symbole contestataire par rapport à ce qui se passe, une espèce de... musical riot. Nous sommes dans un si petit pays, et c'est si divisé. Mon nouveau disque, c'est ça : on n'est pas d'accord. La génération néolibérale qui coûte que coûte veut que le capitalisme et le consumérisme aient une croissance continue, ça m'emmerde. D'autre part, il ne faut pas perdre le côté évasion de la musique. On a tous besoin d'évasion et de rêver.

Comment regardez-vous l'avenir ?
Le monde tourne un peu à vide en ce moment. J'espère que le futur de la culture sera davantage considéré par l'état. Et que la culture ne sera pas le streaming. (Rires) À voir et à faire, ça n'est pas gai.

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