Transquinqennal: Frontière biologique

Pour sa 22e édition, le Kunstenfestivaldesarts, interdisciplinaire et multiculturel, met les projecteurs sur les frontières. Six artistes qui présenteront leur travail au festival nous parlent de frontières et des relations qu'entretient leur création avec le sujet. Cette partie: le collectif Transquinquennal.

Le collectif bruxellois Transquinquennal a demandé au dramaturge argentin Rafael Spregelburd d’écrire une pièce sur l’identité pour trois acteurs, un Américain, un Japonais et un Belge, et deux actrices.

« J’ai toujours eu l’impression que les frontières des pays ou nations ne sont rien d'autre que des extensions de notre frontière personnelle intérieure. », explique Stéphane Olivier du collectif TQQ. « Au niveau microscopique, la cellule a une membrane qui est la frontière entre elle-même et le reste du monde. De la même manière, notre peau et notre conscience personnelle séparent notre intérieur du monde extérieur. Pour moi, c’est ça la seule et vraie frontière, les autres frontières ne sont que des extensions. Quand Trump ou Le Pen disent vouloir fermer les frontières, c’est une réaction presque biologique : « Je veux empêcher que quelque chose n’entre en moi, ou que quelque chose ne sorte de moi. »

Il est également curieux de constater qu'on parle toujours de liberté, de responsabilité et de possibilités de l’individu, alors qu'il n'a pas d'autre choix que d'être membre d'un état. Ce n'est pas comme si on pouvait dire: « Ah, moi je ne suis pas Belge, ni Français. Je ne suis rien du tout. » C’est l’état qui décide à notre place. Une frontière est aussi une façon d’enfermer les gens dans une identité sur laquelle ils ne peuvent s’exprimer.

Les stars
On a commandé cette pièce à Rafael Spregelburd après avoir travaillé avec lui sur La Estupidez. On lui a proposé un sujet qui nous tenait à cœur depuis longtemps, c’est-à-dire la question de savoir ce qui constitue notre identité. Il y a toujours une partie de nous-même qui n’est pas accessible aux autres, même pas à nos proches. Cette partie est-elle intégrante de notre identité, ou s’agit-il d’autre chose ?

Nous sommes dans une société où les personnalités et les stars occupent une place importante. Une grande partie du travail social, économique ou politique repose sur l’identification à certaines personnalités connues ou iconiques. Et les problèmes surviennent quand la face cachée de ces personnalités apparaît au grand jour, quand des politiciens ou des héros sportifs se révèlent être des fraudeurs.

Rafael a écrit la pièce autour de cette question : comment savoir qui je suis ? Est-ce possible ? À partir du moment où on pense savoir qui on est, et qu’on ne change pas - ou seulement de manière consciente - la vie se décline très vite en noir ou blanc. Mais dès qu’on pose la question de l’identité de manière plus large, on se rend compte que le réel et l’identité sont extrêmement complexes. Et qu’il faut accepter que la recherche d’une certaine forme de vérité à ce sujet n’a pas de fin en soi. C’est un processus continu et donc fatigant. Et c’est peut-être cette fatigue qui fait que les gens ont de plus en plus tendance à nier l’idée d’évolution et de progrès. »

Transquinquennal & Rafael Spregelburd: Philip Seymour Hoffman, par exemple. 11/05 > 14/05, Théâtre Varia, Ixelles

Kunstenfestivaldesarts 2017

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