Notre créatrice du mois: Blandine Kosongonda

© Sophie Soukias

La styliste belgo-congolaise Blandine Kosongonda signe aux Ateliers Saint-Luc de Bruxelles Heal, une collection de mode et design qui n'a pas fini de faire parler d'elle.

Les prix s'enchaînent pour Blandine Kosongonda et pas seulement de la part de l'école d'où elle est sortie diplômée. En mars, elle exposait sa collection à la boutique Vêtue à Bruxelles. Depuis la mi-septembre, un des vêtements de sa collection Heal est exposé au MAD Brussels à côté de pièces d'autres étudiant.e.s récompensé.e.s par la maison de création. Début octobre, la styliste était couronnée d'un Golden Afro Artistic Award. "C'est une fierté, tout simplement", dit celle qui s'est d'abord forgé une expérience en coupe et couture à Kinshasa avant de commencer un nouveau chapitre de sa vie à Bruxelles.

Votre collection Heal évoque la guérison.
Heal nous apprend à prendre conscience de nos blessures du passé. La surconsommation et la surproduction envoient beaucoup de vêtements qui sont encore portables à la déchetterie. Pour cette première collection, j'ai travaillé sur des tissus de fin de série ou des tissus troués, que je suis venue renforcer. J'ai utilisé la technique d'aiguilletage qui consiste à travailler dans la structure du tissu sans la déformer. Cette technique permet aussi d'ajouter des touches de couleur. Je propose d'ailleurs des services de retouches artistiques à toute personne désireuse de sauver un vêtement qui lui est cher.

Heal est une collection unisexe.
C'est une collection que j'ai voulu modulable à plusieurs niveaux. Ma formation en RDC m'a permis de voir large en matière de confection et je ne me sens pas limitée à un choix féminin ou masculin. Mon vêtement peut être porté par tout le monde. Dans la même idée, ces vêtements s'adaptent aux saisons, il suffit d'ajouter ou de retirer une ou plusieurs pièces en les dézippant ou en les déboutonnant.

En somme, ce sont les vêtements du futur ?
Ils seraient une petite solution parmi tant d'autres pour que notre environnement se porte mieux. Pour le body à l'intérieur d'une des salopettes (cf. photo prise au MAD Brussels dans le cadre de l'exposition Graduation Show 2022, NDLR), j'ai imprimé un motif de masque Heyoka des Amérindiens. Pour protéger notre environnement, nous devons nous inspirer de peuples qui ont déjà réfléchi à ces questions. Pour le racommodage, je me suis inspirée de l'artiste ukrainienne Diana Yevtukh qui répare des plaies cicatricielles dans les arbres avec de la broderie.


Info. @blandine.kosongonda

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