Aimé Mpane: ‘Les réparations s’accompagnent souvent de destruction’

Aimé Mpane sera le premier artiste congolais à exposer aux Musées royaux des Beaux-Arts. L’artiste multidisciplinaire, l’un des artistes africains les plus importants de sa génération, y présentera des oeuvres articulées autour de la thématique Remedies.

Aimé Mpane sera le premier artiste congolais à exposer aux Musées royaux des Beaux-Arts, une reconnaissance à laquelle il prête peu d’importance, avec son art sans frontières. L’artiste multidisciplinaire, l’un des artistes africains les plus importants de sa génération, y présentera des oeuvres articulées autour de la thématique Remedies, qu’il interprète comme un rééquilibrage plutôt que comme une réparation. « Les réparations s’accompagnent souvent de destruction et de violence, je préfère aspirer à un état d’égalité et de réconciliation de l’humain avec l’humain. » Dans son travail, il multiplie les techniques, installations de peinture, sculpture, mais ce qui réunit toutes ses oeuvres, c’est sans doute le travail du bois. « Le bois c’est une histoire familiale. Mon père était artiste et depuis tout petit, je travaille le bois. Ça a été mon premier matériau, ma porte d’entrée dans l’art. »

Mais derrière le matériau dans tous ses états, il y a aussi la symbolique comme celle des allumettes. « J’aime travailler sur les correspondances, (matches en anglais). Je voulais parler de l’esclavage, mais si d’un côté de l’Atlantique on avait des esclaves africains dans les plantations de tabac, de l’autre, il y avait les femmes et les enfants exploités dans les fabriques d’allumettes en Angleterre. » Quand on lui a proposé de choisir une oeuvre à revisiter parmi les collections du musée, il a opté sans hésitation pour les Quatre études de la tête d’un Maure de Peter Paul Rubens. « On avait des livres d’art à la maison et j’ai toujours été fasciné par cette peinture. Le fait qu’elle se trouvait au dos du buste de Léopold II sur les billets de 500 francs rendait la symbolique encore plus intéressante. » La période de pandémie, qu’il a vécue à Bruxelles, a été féconde créativement même si du côté matériel, la situation n’était pas idéale. Montré cet automne à Bruxelles, Aimé Mpane, le sera aussi à Marseille au Mucem et à Washington à la Phillips Collection.

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