Caroline Guiela Nguyen imagine la disparition soudaine de la moitié de l’humanité

© Manuel Braun

Caroline Guiela Nguyen trace sa propre voie dans le théâtre français par son audace, sa sensibilité et son imagination. Dans son nouveau spectacle, l’autrice et metteuse en scène nous plonge dans un futur où le soin de l’autre fait battre le cœur de la communauté.

En à peine quelques spectacles, Caroline Guiela Nguyen s’est imposée dans le théâtre français. Un regard tourné vers ceux que l’on pourrait oublier, vers des corps et des voix absentes des scènes théâtrales. Autrice, metteuse en scène et réalisatrice, elle a étudié la sociologie, avant d’intégrer l’école du Théâtre National de Strasbourg. En 2009, elle fonde la compagnie les Hommes Approximatifs. Dans leur travail, ils aiment faire côtoyer acteurs professionnels et non professionnels pour inventer des récits polyphoniques.

Révélée par Saigon, un spectacle où elle s’interrogeait sur les blessures de la colonisation au Vietnam, elle revient avec un projet en quatre volets autour de la fraternité. Une fraternité qu’elle voit comme une reconnaissance inconditionnelle de l’autre, un frère pour qui et avec qui, on est prêt à agir dans un sentiment d’appartenance. Le premier volet de ce cycle a pris la forme du film Les Engloutis tourné à la maison centrale d’Arles avec des gens qui y purgent de longues peines.

La suite a pris la forme d’un conte dystopique FRATERNITÉ, Conte fantastique, présenté cet été à Avignon. Ce texte est né d’un travail d’enquête auprès d’institutions en charge d’absorber ou de remédier à l’exil et la séparation comme le Bureau du Rétablissement des Liens Familiaux (BRLF) de la Croix-Rouge française, ou de la rencontre avec une médecin légiste italienne qui cherche à retrouver l’identité des migrants morts en mer comme celle d’hommes décédés au XVIIIe siècle.

La pièce imagine la disparition soudaine de la moitié de l’humanité où des centres de soin et de consolation ont été mis à la disposition des survivant.e.s. Dans ces lieux dédiés à combler l’attente et l’effacement des souvenirs, une galerie de personnages d’âge, de langues et de cultures diverses cherchent à construire un avenir commun avec leurs « Invisibles ».

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