Dans l'atelier de Leen Van Dommelen: 'C'est mon corps qui décide'

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© Heleen Rodiers

Que ce soit par les sculptures, les installations ou les performances, Leen Van Dommelen est à l'écoute des fragilités de son corps dans un instable équilibre entre prise de contrôle et lâcher-prise. Découverte de son atelier.

Leen Van Dommelen

  • Leen Van Dommelen naît en 1987 à Mortsel.
  • À 12 ans, elle demande à ses parents de lui acheter une caméra avec laquelle elle filme la nature autour de sa maison.
  • En 2011-12, elle suit une formation en Mixed Media à Sint-Lukas à Gand et ensuite une formation en sculpture à La Cambre (2012-14).
  • En 2017, elle obtient son Master en Arts visuels de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en Sculpture et à l'ISAC (Institut supérieur des arts et des chorégraphies).
  • En 2018, elle réalise des performances avec Alice Anderson et commence une collaboration sporadique avec la troupe française La Compagnie du Zerep.
  • 2019: Backstage of the Body au CENTRALE.lab

En revenant dans son atelier après l'installation de ses œuvres au CENTRALE.lab pour son exposition Backstage of the Body, Leen van Dommelen a trouvé les lieux étrangement vides. "J'avais rassemblé pratiquement toute ma production. Du coup, j'ai l'impression d'avoir été dévalisée, mais dans ce vide, je sens encore la présence de mes œuvres."

Cet atelier qu'elle occupe depuis le mois de juin est situé dans une arrière-maison à deux pas du musée d'Ixelles. C'est un ancien atelier de sculpteur qu'elle a trouvé via des amis. "C'est la première fois que je dispose de mon propre atelier. Jusque-là, j'étais plutôt une artiste nomade et j'ai fait pas mal de résidences. Quand on fait de la performance, le lieu a moins d'importance."

Murs en briques blanches, sol en béton et plafond de poutres, les lieux sont très utilitaires. Quelques outils et des filaments de chewing-gums rassemblés près de la fenêtre, vestiges de sa performance Measuring the Gaze. En dehors du vieil établi qu'elle a trouvé en arrivant, elle a mis quelques plantes vertes et l'a peu à peu rempli de ce qu'elle ramasse dans la rue. Pour Verkrampt, une des installations de son exposition avec une bouche en cire qui monte et descend, elle a utilisé des planches provenant du chantier du musée et des ressorts trouvés dans la rue. "Quand je travaille sur quelque chose, je ne parviens jamais à poursuivre l'idée de départ parce que ça évolue tout le temps en fonction de ce que me dit mon corps ou des matériaux que je trouve."

Leen Van Dommelen
© Heleen Rodiers

Leen crée des sculptures, des installations et des performances en passant de l'un à l'autre de façon très fluide. "Pour la performance, je reste enfermée en moi-même. Parfois, j'ai besoin de prendre de la distance avec une sculpture. Au début, je pensais pouvoir séparer les médiums, mais je me suis rendu compte que ça n'avait pas de sens. À l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, où j'ai suivi une formation en sculpture et une autre en performance, un professeur m'a convaincu de ne présenter qu'un seul jury pour le tout."

Pour cet artiste touche-à-tout, l'atelier est un laboratoire d'expériences autant qu'un terrain de jeu où elle retrouve la liberté de l'enfance. Elle n'a pas grandi dans une famille d'artistes, et c'est en jouant avec sa sœur et son frère qu'elle a commencé à raconter des histoires et à créer des mondes imaginaires.

"Je ne suis pas nostalgique de l'enfance, parce que c'est aussi un âge où on ne contrôle pas ses peurs et où les adultes nous disent souvent ce qu'on doit faire. Ça a pris du temps, mais aujourd'hui, je peux décider de ce que je veux faire. Si j'ai envie de sortir dans la rue habillée bizarrement, il n'y aura personne pour m'en empêcher ou me juger."

Leen Van Dommelen
© Heleen Rodiers

Une incroyable diversité
Leen a grandi à Mortsel où elle était très proche de la nature et des animaux, aujourd'hui très présents dans son travail. "J'aime beaucoup les chats, mais ce n'est pas possible d'en garder ici comme je n'y habite pas. Et les oiseaux, je ne supporte pas de les voir en cage. Alors pour la nature, je me contente de mes plantes vertes."

Contre un mur, il y a aussi un réchaud dans lequel elle fait fondre la paraffine, comme celle utilisée dans sa sculpture Se Perdre. Un bassin de femme qui fond de l'intérieur, laissant un filet de paraffine fondue s'écouler entre les jambes. "C'est pratique d'avoir un réchaud. Je peux me préparer à manger sans devoir sortir acheter quelque chose. Je suis incapable de travailler le ventre vide." Dans son travail, elle est très perfectionniste et très concentrée. Après plusieurs heures, arrive toujours un moment où elle a besoin de sortir marcher.

"C'est mon corps qui décide, j'essaie de l'écouter. J'aime beaucoup marcher. C'est comme ça que j'ai découvert la ville. J'adore marcher dans les rues, observer les gens. Certains ont eu une belle journée, d'autres une mauvaise. Et puis, à Bruxelles, il y a une incroyable diversité de populations. Au début, ça me faisait un peu peur, mais maintenant, ça me stimule."

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