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Expo: Le monde en Paravision

Guy Brunet, réalisateur
Onze score

Art et Marges a pris l’habitude de se transformer en planète rêveuse. Cette fois, en nous faisant voyager à travers les œuvres fascinantes du réalisateur Guy Brunet et du karatéka Josselin Pietri. Un univers magique en Technicolor.

Que partagent Rita Hayworth et JCVD ? Et que font Richard Burton, Jaws et Bruce Lee sous le même toit ? Eh bien, ils sont tous réunis chez Art et Marges en ce moment pour une exposition qui titille l’imagination. Avec les travaux de Guy Brunet et Josselin Pietri, le musée, qui sert de plateforme à l’art fragile et obstiné depuis les années 80, vous en met plein la vue avec des rêves en Technicolor.

Dans le cas de Guy Brunet (1945), c’est à prendre au pied de la lettre. Bébé, ce fils d’exploitants de cinéma du sud de France somnole entre les films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien dans un berceau posé dans la salle de projection. À l’âge de sept ans, alors qu’il confectionne des personnages et décors en papier et invente des dialogues, il sait déjà qu’il veut devenir réalisateur.

Un rêve qui le pousse à écrire des scénarios – on en compte entre-temps 350, au moins. Mais c’est en 1994, lorsqu’il s’installe dans une ancienne boucherie à Viviez, où il a aménagé un studio de cinéma de quelques mètres carrés, que son rêve prend forme. En 2001, c’est là, au siège de sa société de production Paravision (où le « paradis » rencontre la « vision ») qu’il réalise son premier film. De A à Z.

Cecil B. DeMille

La planète rêveuse (2007) montré à Art et Marges, mentionne Brunet comme metteur en scène, scénariste, comédien, éclairagiste, caméraman et producteur. Cette multiplicité, le musée la souligne également à travers ses dioramas (des Dix commandements de Cecil B. DeMille, l’idole de Brunet), affiches de film, housses de DVD (de son quatorzième film Sous le soleil de Marseille) et quelques-unes de ses 800 silhouettes d’acteurs.

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Josselin Pietri, karatéka

Alice dans la lune

Cette passion pour l’art du papier et le cinéma enchanteur, on la trouve aussi chez Josselin Pietri (1973). Son univers se compose d’un autre type d’étoiles. Ce sont des héros sortis de « films avec des gros costauds » qui déclenchent chez lui l’envie de faire de l’art qui prend vie. Avec un masque, il se transforme en Bruce Lee, son grand héros dont il a d’ailleurs réalisé une sculpture haute de sept mètres.

Dans un diorama encastré dans un téléviseur, on observe un collage en 3D dans lequel, entre autres, Yul Brynner (Mondwest), Sylvester Stallone (Cliffhanger et Rambo), Al Pacino (Scarface) et Steve McQueen (Bullitt) se disputent le premier rôle. « J’attaque la peinture », dit-il dans un portrait vidéo. Tel un héros de film d’action, il crée et recrée.

Déjà enfant, il confectionnait des maquettes en 3D et des affiches à partir de matériaux de récupération, comme un Musée Bruce Lee contenu dans une boîte à chaussures où s’exposent ses peintures.

Au premier étage, on peut voir une peinture de Brunet où Alice au Pays des Merveilles dialogue avec Le voyage dans la lune de Georges Méliès. C’est là, sans doute, que se rejoignent Guy Brunet, le réalisateur, et Josselin Pietri, le karatéka.

Dans la magie qui émane du septième art, et l’imagination débordante et la pulsion créative que le cinéma anime chez eux. Peu importe la grandeur des rêves et les obstacles. Rien n’est impossible si le cœur y est. C’est ce que prouve Art et Marges depuis longtemps.

> Guy Brunet & Josselin Pietri. 10/6. Art et Marges.

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