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Maria Muehombo : 'Le retour à la Terre n’est pas une anecdote à prendre à la légère'

Maria Muehombo, alias M I M I.

Pendant trois semaines, un.e créatif.ve partage sa vision du monde. MARIA MUEHOMBO (alias M I M I) est DJ, musicienne et artiste. Instagram, Soundcloud, Facebook

Je souhaite partager avec vous un extrait de "Earth A Kill Ya" par King Midas Sound, sorti sur le label Hyperdub en 2009. Le texte en entier est vraiment très puissant, je vous invite à écouter le morceau, tout en lisant les paroles.

"Tu vois, ma grand-mère à chaque fois qu'elle était malade / Elle rêvait de ce qu'il fallait manger / Et tu veux parler de médecine ? / Elle était connectée / Elle dit que tous les animaux du monde peuvent faire ça / Pourquoi pas l'homme? / Il semble que nous avons perdu cette capacité / Nous devons juste rester en contact avec ce dont nous avons besoin pour vivre / La terre vous tuera si vous essayez de la tuer / Votre corps vous guérit si vous le disciplinez"

À l'heure actuelle, avec la technologie qui commence à tout faire à notre place, je me questionne sur ce qu'il adviendra de nos sens, particulièrement ceux qui ne sont pas palpables et surtout quelle est la place de nos corps dans le monde ultra-connecté dans lequel nous vivons.

Alors que nous nous efforçons à en savoir davantage sur l'utilisation des machines, nous avons tendance à oublier que notre propre machine, notre corps, a également besoin de se recharger, d'être soigné à l'aide des bons carburants car sans celui-ci, comment pouvons-nous exister dans ce Monde?

Cette intuition dont semble parler King Midas Sound, je l'ai déjà vécue à plusieurs reprises. Dans les moments de fragilité émotionnelle ou fébriles, mon corps me parle. Il me guide vers ce dont j'ai besoin par l'odorat, le goût et cet autre élément mystérieux. Quel pouvoir incroyable...

Mais comment aiguiser ce sens ? Comment le déclencher sans être dans l'inconfort, mais s'en servir en prévention ? King Midas Sound dit : "Elle était connectée". Connectée à quoi selon vous ? Moi je pense que cette connexion est liée à notre rapport avec la nature, notre environnement.

La nature est un espace serein, un lieu où l'on peut s'entendre, se sentir. Il est désormais prouvé scientifiquement que passer du temps les pieds dans l'herbe, ou se balader en forêt possède des vertus curatives, régénératrices. Que plonger ses mains dans la Terre augmentait la production de sérotonine, l'hormone du bonheur.

J'ai envie de croire que cette connexion dont il parle est bien celle de la nature. La nature dont nous faisons partie avec les rivières, pierres, plantes et arbres, tous vivants. Plus nous nous éloignons de ce lien vital, universel, plus nous perdons nos sens. Notre capacité à se reconnecter à soi.

Ensuite, il y a ce refrain : "La terre vous tuera si vous essayez de la tuer".

La Terre est notre habitat, c'est le seul endroit dans l'Univers où nous pouvons exister physiquement. Nos sorts sont donc inévitablement liés.

Depuis la crise sanitaire, j'ai observé autour de moi que cela a "réveillé" certains esprits qui étaient engourdis par le train-train du quotidien. Selon une étude en ligne, 66% de la population s'est mise à jardiner pendant le confinement. Jardins, balcons, terrasses, toits, les gens ont directement senti cet appel naturel à mettre les mains dans la terre.

Ce retour à la Terre n'est pas une anecdote à prendre à la légère mais au contraire, je trouve qu'il témoigne de cet instinct qui nous habite tous. Je trouve cela merveilleux et encourageant. Restons sensibles, à l'écoute et surtout, prenons le temps de sortir des villes. Retrouvons notre symbiose avec la nature, soyons connectés.

Relire la série complète ? BRUZZ.be/bruxellesvies

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