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Eyecatcher: Anas Achaara présente son premier seul en scène

Sophie Soukias
© BRUZZ
03/02/2023

Fidèle compagnon de jeu et d’écriture de la compagnie de théâtre bruxelloise Ras El Hanout, Anas Achaara fait le grand saut et appuie sur l’interrupteur de ses émotions dans OFF/ON, un premier seul en scène à fleur de peau.

Ce sont ses propres mots : rien ne le destinait à monter sur les planches. Le théâtre était pour lui un passe-temps réservé « aux blancs ». Jusqu’à ce que le destin en décide autrement. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une « belle fille » en charge des inscriptions pour une nouvelle troupe de théâtre molenbeekoise nommée Ras El Hanout. « Je me suis inscrit pour lui faire plaisir. »

Le coup de foudre est immédiat, Anas Achaara entame une relation passionnelle… avec le théâtre. Une activité qui vient s’ajouter à d’autres : études, work-out, danse, piano. La vie du jeune homme est réglée comme du papier à musique. Pas le temps de se poser entre les notes. Jusqu’au jour où la partition si bien rodée se fait mécanique, aseptisée.

En 2018, le jeune homme pousse la porte du cabinet d’une psychologue. Sa petite amie vient de le plaquer et la seule chose qu’il a trouvé à lui dire c’est « à la prochaine ! ». Quand son grand-père meurt, son cœur semble tout aussi anesthésié, incapable de réagir à la douleur. Et lorsqu’il va se recueillir sur la tombe de sa mère au Maroc, il ne parvient plus à lui parler comme autrefois. Quelque chose s’est brisé. Quelque chose s’est éteint.

Mes grandes sœurs souffrent d’avoir des souvenirs de ma mère, je souffre de ne pas en avoir

Anas Achaara

Pour rallumer le feu, il y a la psychothérapie. Et il y a le théâtre. La psychothérapie dans le théâtre et le théâtre dans la psychothérapie. Le spectacle OFF/ON, c’est un peu tout ça. Coécrit avec Mehdi Boukoue, Yasmina Ahkim et le metteur en scène et directeur artistique de Ras El Hanout Mohamed Salim Haouach, le premier seul en scène d’Anas Achaara décline divers registres, flirtant avec douceur entre tragique et comique, rires et larmes.

Au fil du spectacle, le jeune artiste voyage à la source de son blocage émotionnel : le deuil impossible de sa mère, perdue quand il avait quatre ans. « Mes grandes sœurs souffrent d’avoir des souvenirs de ma mère, je souffre de ne pas en avoir », dit-il. Pour réactiver ses émotions, Anas Achaara n’est pas seul, il mobilise les souvenirs de proches et de membres de sa famille. Et accepte enfin de faire entrer la tristesse dans son cœur pour être heureux.

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