'De liens et d'exils': Un voyage déroutant

© Laurent de Broca
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Dans l’intimité du sous-sol de la Villa Empain, sept artistes, nomades par définition, explorent le Maroc contemporain en quête de liens et d’exils. Un voyage déroutant.

L’exil appelle le lien, le lien provoque l’exil. Dans l’exposition collective imaginée par la curatrice marocaine Nadia Sabri en partenariat avec le centre d’art Moussem et la Villa Empain, sept artistes marocains ou d’origine, talents confirmés ou émergents, bousculent les connotations qui entourent l’acte migratoire en ouvrant à l’infini son champ d’interprétation.

Les propositions éclectiques et puissantes interrogent avec sensibilité et sans concessions notre monde contemporain alors qu’elles s'ancrent dans une réalité spécifique, celle du Maroc, ses contradictions, son histoire.

Le fil d’Ariane

Ainsi Saddie Choua prouve que l’exil peut aussi être vécu intérieurement lorsqu’elle reconstitue, en y mettant son grain de folie, le salon littéraire de l’intellectuelle féministe marocaine Fatima Mernissi (1940-2015).

Abdessamad El Montassir et Wiame Haddad réhabilitent, chacun à leur façon, les exilés de l’histoire officielle. Le premier en glanant les archives non-matérielles des oubliés du Sahara du Sud-ouest du Maroc. La seconde en figeant dans le plâtre des fragments de corps de détenus politiques, martyrs des fameuses années de plomb (1970-1999).

1642 Fondation Boghossian Randa Maroufi
© Laurent de Broca

Randa Maroufi mêle vidéo, installation et photos pour mettre en lumière les travailleurs de l'ombre que sont les contrebandiers et contrebandières à la frontière de la Ceuta, enclave espagnole sur le sol marocain. Zainab Andalibe s’inscrit dans une démarche similaire lorsqu’elle retrace le parcours d’un migrant subsaharien au fil d’Ariane bleu indigo.

La série photographique Portraits de Famille de Hassan Darsi fait honneur aux habitants des régions rurales du Maroc. L’artiste leur tire le portrait au souk dans un singulier décor participatif: chaque sujet est invité à apporter un objet de son choix. Hanane El Farissi questionne l’objet dans sa dimension émotionnelle et culturelle. En marocain, le Mokhla est à la fois un ustensile traditionnel de maquillage et un fusil. La jeune artiste en aborde le pouvoir d’attraction et de répulsion, le lien et l'exil qu'il produit en elle.

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