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jaimie branch: ‘Je veux faire partie de la beauté et non du problème’

© Peter Gannushkin
| jaimie branch

La trompettiste américaine jaimie branch, figure de proue d’un free-jazz retrouvé, moderne et casse-cou à souhait, est un des artistes les plus interéssantes du BRDCST festival.

Apparu en 2014 du côté de Chicago, l’emblème International Anthem est le port d’attache des meilleures productions de la planète jazz. Repaire de disques signés Angel Bat Dawid, Irreversible Entanglements ou Ben Lamar Gay, le label est aussi, et surtout, la maison-mère de la trompettiste jaimie branch, figure de proue d’un free-jazz retrouvé, moderne et casse-cou à souhait.

Héritière d’Ornette Coleman ou Don Cherry, l’Américaine s’est révélée à la faveur d’une série baptisée Fly or Die (déjà deux volumes et un live). « Au-delà des albums, il s’agit surtout d’un groupe formé à New York par quatre personnes venues de Chicago », explique jaimie branch. « Le bassiste Jason Ajemian, le violoncelliste Tomeka Reid et le batteur Chad Taylor m’accompagnent dans cette aventure. »

Dans le second volet de Fly or Die, la trompettiste retient son souffle pour mieux élever la voix. Véritable diatribe à l’encontre des discours racistes et des dérapages policiers, le morceau ‘Prayer for Amerikkka’ déglingue les piliers vacillants d’une société rompue au capitalisme. « Je suis une personne vivante, consciente. J’aime mes semblables. Observer l’injustice et rester sans voix, c’est une forme d’acceptation de la violence. Je veux mettre des faits en lumière, faire partie de la beauté et non du problème. »

Avant son passage à l’AB dans le cadre du festival BRDCST, jaimie branch a enregistré quelques compos en compagnie de Yonatan Gat et des Medicine Singers. « Ce sont des musiciens incroyables, qui représentent une voix unique, essentielle, dans l’Amérique contemporaine. Ce sont des Amérindiens, de dignes héritiers d’un peuple et d’une culture, que les blancs ont tenté d’éradiquer il y a tant d’années. C’est une musique importante. Il faut donc tendre l’oreille et rester à l’écoute. Car notre collaboration devrait donner jour à de nouveaux sons. » Toujours plus libres, assurément.

JAIMIE BRANCH
8/4, Ancienne Belgique, www.abconcerts.be

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